25.09.2020 à 10:08

GenèveSon appart s’évapore à un mois du déménagement

Sur fond de Covid et d’inhabituels retards de chantier, une femme en passe d’être propriétaire risque de ne plus avoir nulle part où habiter.

de
Jérôme Faas
Le quartier de l’Adret Pont-Rouge sort petit à petit de terre. 

Le quartier de l’Adret Pont-Rouge sort petit à petit de terre. 

P. Albouy/TdG

Eva* devait devenir propriétaire. Elle risque de se retrouver à la rue. L’appartement dont les clés devaient lui être remises le 30 septembre dans le nouveau quartier de l’Adret, à Lancy, est en passe de lui filer entre les doigts. Or, elle a déjà résilié le bail de son logement actuel.
Son avocat, Me Marc Lironi, vient de mettre en demeure la régie Brolliet, qui gère ce chantier pour le compte de la FPLC (Fondation pour le logement bon marché et l’habitat coopératif), de lui donner les clés comme prévu. «J’ai l’impression que tout a été mené, à tout le moins, de façon désordonnée, voire chaotique.»
En 2018, Eva avait signé une promesse d’achat-vente pour ce bien devant lui être livré fin juillet 2020. En mars, vu la fermeture des chantiers due au Covid, un report est annoncé. En juin, la date du 30 septembre lui est communiquée. Puis, ça se gâte: le même mois, elle reçoit une prorogation prolongeant le délai au 1er octobre… 2021. Jugeant ce délai «totalement disproportionné, les chantiers ne s’étant arrêtés qu’une semaine», elle ne signe pas, mais pense toujours emménager fin septembre, n’ayant jamais indiqué avoir changé d’avis. Grave erreur: Brolliet lui annonce au début du mois que vu l’absence de paraphe, la priorité va être donnée à un autre acheteur. Ce revirement tardif scie Eva, dont les protestations ne changent rien. Elle a donc lancé une procédure.
En raison de celle-ci, la régie Brolliet dit ne pas pouvoir communiquer. «Le vendeur réserve ses réponses à l’avocat.» La FPLC n’a ainsi pas répondu aux sollicitations.

*Prénom d’emprunt

Délais surprenants

Sondé, le secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière, Christophe Aumeunier, s’étonne aussi des délais. «À mes yeux, sauf explication particulière, les conséquences du Covid ne justifient pas un retard d’un an. À Genève et à ma connaissance, la moyenne est de trois mois. Je n’ai pas d’exemple plus long. Selon ce qui m’a été exposé dans ce dossier, déontologiquement, la FPLC semble faire preuve d’une rudesse excessive.»

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176 commentaires
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ni

25.09.2020 à 13:34

Les régies deja que de la magouilles honte a eux

Robin Telli

25.09.2020 à 13:05

Elle a signé une promesse d'achat-vente, la chose n'est pas livrée dans les délais, une nouvelle proposition pour la date de livraison lui est faite, elle la refuse et ne signe pas, donc elle renonce à l'acquisition du bien. Elle ne peut prétendre qu'à des indemnités pour la non-livraison de la chose dans les délais impartis, du coup le bien a été attribué à une autre personne acceptant ces nouvelles conditions de livraison. Un peu difficile de mettre toute la faute sur la régie. Elle aurait dû renégocier le montant du bien ou demander compensation au lieu de totalement refuser de signer, non ? C'est compliqué, je ne suis pas avocat, et ne connaît rien à l’immobilier, mais le tord n'est pas totalement de la part de la régie.

Anne

25.09.2020 à 13:04

Les régies représentent les prioritaires! Nul n’est besoin de sans cesse les fustiger sans en connaître le principe.