Bâle: Son fils meurt, elle se console avec une poupée
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BâleSon fils meurt, elle se console avec une poupée

Après la mort de son enfant de 8 mois, Angela F. s'est fait faire un bébé «Reborn», une poupée ultraréaliste à l'image de son fils décédé. Depuis, elle va beaucoup mieux.

par
Roman Neumann/ofu

Simeon est mort à l'âge de 8 mois en novembre 2013 des suites d'une maladie grave. Inconsolable, sa maman, Angela F., est tombée dans une dépression aiguë. Après quelque temps, la Bâloise de 30 ans a entendu parler des Reborn, ces poupées conçues de façon à ressembler le plus possible à un vrai nourrisson. Angela n'a pas hésité longtemps avant de faire appel à une artiste qui lui a réalisé une copie parfaite de Simeon.

La poupée, que la Bâloise a baptisée Simi, fait désormais partie intégrante de la famille, explique-t-elle. «Je le mets dans la poussette et je vais me promener avec lui. Simi est presque toujours avec moi. Quand je suis seule, je lui parle ou je lui explique ce que je suis en train de faire», raconte la trentenaire. Selon elle, Simi a également bien été accueilli par sa fille de 5 ans: «A midi, elle joue avec lui, elle change ses couches ou lui fait prendre un bain. Mais, parfois, je dois lui rappeler que Simi n'est qu'une poupée.»

«La poupée m'aide à faire mon deuil»

L'entourage d'Angela a eu des réactions assez contrastées envers ce «nouveau bébé». «C'est clair que les gens n'ont pas tous bien réagi, surtout lorsque j'ai posté des photos de Simi sur Facebook. Mais la plupart de mes proches sont contents que cette poupée m'aide à faire mon deuil», affirme la Bâloise, qui espère un jour pouvoir remplacer Simi par un véritable enfant. «Bien sûr, nous y pensons, mais la douleur est toujours très grande. Nous avons encore un peu peur de nous lancer.»

Swantje Brüschweiler, psychothérapeute bâloise, pense que les Reborn peuvent être une solution transitoire pour faire son deuil. Elle met néanmoins en garde: «Les personnes devraient être accompagnées par un professionnel afin de construire une relation avec l'enfant décédé et non avec la poupée. De manière générale, les psychologues sont plutôt contre l'utilisation de poupées dans ce genre de situations, parce qu'elles empêchent souvent l'acceptation de la mort de l'enfant», explique-t-elle.

Origine difficile à retracer

Les poupées ultra-réalistes seraient apparues dans les années 1990 aux Etats-Unis, selon les «reborneuses», les créatrices de «Reborns». D'autres situent le berceau de ces faux bébés à Hollywood, écrit «Libération». Gênée par l'interdiction de filmer des enfants de moins de 3 mois, l'industrie du film aurait fait appel à des accessoiristes de pointe pour donner le jour à des poupées faisant parfaitement illusion, affirme le quotidien. Le prix de ces poupées varie entre 300 et 600 euros (370 à 740 fr.) pièce.

Plusieurs cours en Suisse

Il existe en Suisse plusieurs cours permettant d'apprendre à réaliser des «Reborns». Anna Menge, une artiste domiciliée dans le canton de Berne, explique néanmoins qu'il est plutôt rare que des personnes souhaitent une réplique de leur enfant décédé. «Il s'agit souvent de femmes impatientes de devenir grands-mères ou alors simplement de personnes qui aiment suivre des cours de travaux manuels ou des collectionneurs.»

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