Berne: Son job chez McDo l'aurait poussée à la dépression
Actualisé

BerneSon job chez McDo l'aurait poussée à la dépression

Une jeune femme a porté plainte contre la chaîne de restauration rapide américaine. Elle affirme notamment avoir dû travailler jusqu'à 30 heures d'affilée.

par
Mira Weingartner/ofu
Daniela D. ira jusqu'au Tribunal fédéral s'il le faut.

Daniela D. ira jusqu'au Tribunal fédéral s'il le faut.

DR

Daniela D. veut se battre pour que justice soit faite. Voilà pourquoi la jeune femme de 31 ans s'est retrouvée mardi devant le Tribunal régional de Thoune (BE) en tant que plaignante. Sur le banc des accusés: le géant de la restauration rapide McDonald's. Elle exige notamment des rattrapages salariaux.

Daniela a travaillé durant 13 ans pour la filiale de Heimberg (BE). Elle explique qu'en tant que manager du restaurant, les dernières années étaient une véritable torture pour elle. La jeune femme assure avoir dû travailler jusqu'à 30 heures d'affilée: «Parfois, j'étais au travail durant plusieurs semaines de suite sans aucun jour de congé. J'avais en moyenne 250 heures supplémentaires par année.» Selon son avocat, celles-ci se montaient même à 297 heures en 2014.

«Tout est calculé»

Mais elle n'aurait pas eu le droit de les comptabiliser. Cela alors qu'elle gagnait bien moins que 6750 francs par mois: à partir de cette tranche de salaire, les employés sont considérés comme des cadres selon la convention collective de travail (CCT) pour l'hôtellerie-restauration suisse. Et à partir de cette somme, la CCT prévoit qu'il peut être convenu librement de l'indemnisation des heures supplémentaires.

Un McDo ouvre à deux pas du Vatican

Un restaurant McDonald's a ouvert à deux pas de la Cité du Vatican et de la place Saint-Pierre, malgré l'opposition de plusieurs cardinaux et de certains commerçants de ce quartier historique.

«Tout est calculé et appliqué ainsi dans toute la Suisse», dénonce Daniela D. Mais ce qui l'énerve le plus: «McDonald's gagne des millions, mais fait des économies au niveau de ses employés.» La trentenaire explique avoir subi de grandes pressions, ce qui l'aurait poussée à l'isolation. Dans un e-mail, en possession de nos collègues de «20 Minuten», il est ainsi écrit: «Des têtes tomberont si les chiffres ne sont pas bons.»

Daniela D. assure qu'à chaque fois qu'elle a essayé de s'opposer aux pressions subies de plus haut, on lui a simplement répondu: «Tu veux des problèmes?»

Verdict attendu pour février

Et comme elle voulait éviter à tout prix des soucis, elle a tenu bon jusqu'en 2014 où elle a craqué: «J'étais à bout. Je ne pouvais même plus sortir de mon lit. Je suis devenue dépressive à cause de toute cette pression.» Après six mois de congé maladie, elle a été licenciée.

D'anciens collaborateurs et employés de Daniela ont été longuement interrogés mardi par la Cour. Son avocat s'est montré optimiste après la première journée de procès: «Ses chances sont bonnes.»

Un avocat de McDonald's Suisse Restaurants Sàrl, présent lui aussi à l'audience, contredit les déclarations de Daniela D. Il assure non seulement que son contrat de travail était tout ce qu'il y avait de plus légal, mais souligne aussi qu'elle n'a jamais été forcée à être autant présente au travail.

Le verdict est attendu pour février.

Seuls deux tiers des restaurants McDonald's en Suisse sont franchisés

En Suisse, le géant de la restauration rapide compte plus de 160 restaurants, exploités aux deux tiers par des franchisé(e)s en tant qu'entreprises indépendantes. Au total, 7'200 collaboratrices et collaborateurs travaillent pour la marque, qui accueille quelque 275'000 hôtes au quotidien.

Ton opinion