Actualisé 20.12.2009 à 21:37

La Poste

Son président prend Nestlé en exemple

La Poste doit faire des affaires à l'étranger afin de gagner de l'argent pour financer le service public en Suisse, déclare Claude Béglé, président du conseil d'administration de l'entreprise, dans une interview publiée dimanche.

Selon lui, le géant jaune «doit devenir comme Nestlé».

La Poste «aura à l'avenir un grand siège social en Suisse, développera des produits dans le pays, paiera des impôts en Suisse sur ses gains qui seront pour une part importante réalisés à l'étranger», pronostique M. Béglé dans une interview accordée à l'hebdomadaire alémanique «Sonntag». L'argent gagné à l'étranger permettra de financer les infrastructures en Suisse, relève-t-il.

Pour comparaison, La Poste - qui compte 44'000 emplois équivalent plein temps - a réalisé un chiffre d'affaires de quelque 9 milliards de francs en 2008. Le géant alimentaire Nestlé - qui occupe 283'000 personnes à travers le monde - a vu son chiffre d'affaires atteindre les 110 milliards de francs l'an dernier.

Poste électronique

Dans sa stratégie de croissance, M. Béglé mise notamment sur la poste électronique «Swiss Post Solutions» (SPS). Des entreprises européennes et du Proche-Orient ont déjà été approchées. Elles «ont montré un grand intérêt», déclare le président du conseil d'administration.

Bien que SPS perde pour l'instant de l'argent - 10 millions au premier semestre 2009 -, M. Béglé mise à long terme sur la nouvelle filiale pour compenser le recul du courrier traditionnel. Dans une autre interview, à la «NZZ am Sonntag», le président du conseil d'administration indique que le courrier traditionnel va diminuer d'un tiers d'ici 2015.

Suppression de postes

Pour réduire les coûts dans ce secteur, La Poste n'évitera pas de nouvelles compressions de personnel, avertit M. Béglé. Mille deux cents emplois équivalent plein temps ont déjà été biffés cette année jusqu'à fin septembre. Les départs naturels n'ont pas été compensés et les contrats à durée déterminée pas prolongés.

Claude Béglé mise également sur le développement de Postfinance pour gagner de l'argent: «il y a un grand potentiel de croissance, particulièrement dans l'octroi de crédit aux entreprises et dans le marché hypothécaire». Des domaines pour lesquels La Poste n'a pas de licence en Suisse. A l'étranger par contre, Postfinance a déjà placé près de 30 milliards de francs sur le marché des capitaux.

De nombreuses voix s'élèvent d'ailleurs depuis longtemps pour exiger une telle licence bancaire, au sein de La Poste, mais aussi chez les syndicats et les partis de gauche. Récemment, le Parlement a empoigné la révision de la législation sur La Poste, qui prévoit la transformation du géant jaune en société anonyme de droit public. Postfinance deviendrait par ailleurs une filiale de cette nouvelle SA. (ats)

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