Actualisé 03.09.2019 à 10:45

RussieSon tweet appelait à viser les enfants de policiers

Un jeune blogueur, originaire de la région de Moscou, a été condamné à 5 ans de prison pour un tweet. Il suggérait de s'en prendre aux enfants des policiers.

Ces dernières années, la justice russe a procédé à des dizaines de condamnations pour des messages sur les réseaux sociaux.

Ces dernières années, la justice russe a procédé à des dizaines de condamnations pour des messages sur les réseaux sociaux.

Keystone

Un tribunal russe a condamné mardi un blogueur à 5 ans de prison pour un tweet dans lequel il suggérait de s'en prendre aux enfants des policiers. Son message réagissait à la répression sévère des manifestations de l'opposition à Moscou.

Selon le comité d'enquête, le blogueur avait posté un tweet le 31 juillet sous le pseudonyme «Max Steklov» dans lequel il appelait «un grand nombre de personnes à des actes illégaux de nature violente envers les enfants des forces de l'ordre». Il avait été placé en détention le 5 août.

Le tweet en question, selon la chaîne d'opposition Dojd, appelait à «étudier la géolocalisation» des photos de famille des policiers sur internet. «Puis, un jour, l'enfant du vaillant défenseur de l'ordre ne rentre pas de l'école. Et à la place, on reçoit par la poste un CD avec une vidéo snuff movie dessus». Un snuff movie contient des images de meurtre ou de violences extrêmes, possiblement réels, sur des personnes.

Le jeune blogueur, originaire de la région de Moscou, a qualifié ses propos comme «un peu violents et pas éthiques», mais s'est défendu de tout appel à des actes réels. Il a affirmé qu'ils ont été sortis de leur contexte.

«Je considère cette décision d'une sévérité sans précédent», a réagi son avocat, Denis Tikhonov. Il a affirmé que son client fera appel et déposera une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Population sous pression

Le message du blogueur réagissait à la répression par la police des manifestations, qui ont eu lieu quasi chaque week-end à Moscou depuis la mi-juillet, pour protester contre l'éviction de candidats de l'opposition à l'élection du parlement de Moscou. Le scrutin est prévu pour le 8 septembre.

Ce mouvement de contestation est le plus important depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. Il a donné lieu à près de 2700 arrestations et à l'ouverture de plusieurs procès pour «troubles massifs» et «violences à l'encontre des forces de l'ordre». La plupart des meneurs de l'opposition ont, eux, enchaîné de courtes peines de prison pour leurs appels à manifester.

Ces dernières années, la justice russe a procédé à des dizaines de condamnations en se basant sur les lois visant à lutter contre l'extrémisme pour ce que beaucoup considèrent comme des blagues inoffensives sur internet.

Les militants de l'opposition dénoncent une volonté délibérée du Kremlin visant à forcer les Russes à y réfléchir à deux fois avant d'afficher leur opinion sur les réseaux sociaux, l'un des derniers espaces où les critiques des autorités ne sont en général pas sévèrement réprimées. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!