Amérique latine: Sortie de crise en vue au Honduras

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Amérique latineSortie de crise en vue au Honduras

Le Honduras semble en voie de sortir de la crise politique déclenchée par l'éviction de Manuel Zelaya le 28 juin dernier.

Au terme de longues négociations, les représentants du président déchu ont finalement trouvé un accord avec le gouvernement par intérim qui devrait aboutir à un partage du pouvoir et à la réintégration dans ses fonctions de Manuel Zelaya.

L'Organisation des Etats américains (OEA) a annoncé l'accord jeudi soir, mais sans dévoiler le texte, dans lequel Manuel Zelaya semble accepter de remettre son destin entre les mains d'un Congrès qui a jusqu'à présent largement soutenu le président par intérim Roberto Micheletti.

«Nous sommes optimistes parce que les Honduriens peuvent trouver des accords qui sont appliqués», a déclaré Manuel Zelaya à Radio Globo, une radio d'opposition. «Cela signifie mon retour au pouvoir dans les prochains jours, et la paix au Honduras.»

L'accord, s'il tient, pourrait constituer une victoire -très attendue- en matière de politique étrangère pour les Etats-Unis, qui ont envoyé une équipe de diplomates sur place pour convaincre les deux parties de se mettre autour d'une table et négocier.

S'exprimant devant des journalistes à Islamabad, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a évoqué «un accord historique», et «un grand pas en avant pour le système inter-américain».

L'accord semble faire revenir Micheletti sur sa précédente position selon laquelle la Cour suprême -qui a déjà rejeté le retour au pouvoir de Zelaya- devait décider de cette question. Au lieu de cela, la Cour suprême ferait une recommandation, mais la décision finale serait apparemment laissée à un vote du Congrès.

L'accord aboutirait finalement à un partage du pouvoir au sein du gouvernement, et contraindrait les deux parties à reconnaître l'élection présidentielle du 29 novembre. La communauté internationale a menacé de ne pas reconnaître le vote si Zelaya n'était pas rétabli dans ses fonctions. Mais jeudi, le secrétaire aux Affaires politiques de l'OEA, Victor Rico, a confié à des journalistes que «les Etats-Unis et l'OEA accompagneront le Honduras dans les élections», en vertu de l'accord.

Hillary Clinton a affirmé que les élections auraient lieu et que les Etats-Unis travailleront avec le Honduras pour s'assurer que le scrutin soit légitime.

L'accord a été salué par toutes les parties comme une victoire après un long bras de fer qui a isolé ce pays sur le plan diplomatique.

«Ce soir, je suis content d'annoncer que (...) j'ai autorisé mon équipe de négociateurs à signer un accord final qui marque le début de la fin de la situation politique (actuelle) dans le pays», a déclaré Micheletti dans une intervention télévisée. Il a qualifié l'accord de «concession importante» de sa part, et a observé qu'il exigerait des puissances étrangères qu'elles lèvent leurs sanctions imposées après le coup d'Etat, et qu'elles envoient des observateurs pour l'élection présidentielle.

Le responsable des questions politiques au sein de l'OEA, Victor Rico, s'est félicité d'un «accord salutaire pour le Honduras et la démocratie hondurienne».

Manuel Zelaya avait été renversé par l'armée et chassé du pays en juin pour avoir voulu organiser un référendum sur la réforme de la Constitution, jugé illégal par la Cour suprême, et qui l'autoriserait à se représenter à l'élection présidentielle. Manuel Zelaya a regagné le pays clandestinement le 21 septembre et se terre depuis dans la mission diplomatique brésilienne à Tegucigalpa.

Il a déclaré vendredi à l'Associated Press espérer que le Congrès se prononcerait d'ici «une semaine, plus ou moins». En attendant, «je ne vais nulle part», a-t-il dit. (ap)

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