Actualisé 21.12.2018 à 16:03

Bâle

Soucis de confidentialité avec les Tesla de la police

Les nouveaux véhicules des forces de l'ordre rhénanes ne peuvent pas être mis en service comme prévu. Il reste à régler quelques problèmes liés à la protection des données.

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rab/ofu
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Le 6 décembre 2018, la police bâloise a annoncé qu'elle roulera bientôt en Tesla.

Le 6 décembre 2018, la police bâloise a annoncé qu'elle roulera bientôt en Tesla.

Keystone/Georgios Kefalas
Il s'agit d'une Tesa X 100D de 525 chevaux.

Il s'agit d'une Tesa X 100D de 525 chevaux.

20 Minuten/las
Avant de pouvoir être mises en services, le préposé fédéral à la protection des données souhaitent régler 2-3 problèmes de confidentialité.

Avant de pouvoir être mises en services, le préposé fédéral à la protection des données souhaitent régler 2-3 problèmes de confidentialité.

20 Minuten/las

Début décembre, la police cantonale de Bâle-Ville a annoncé en grande pompe l'arrivée de la nouvelle star de sa flotte automobile: une Tesla X100D de 525 chevaux. Les forces de l'ordre avaient prévu de mettre en service un total de sept bolides électriques au courant de l'année 2019.

Or, selon «bz Basel», les véhicules risquent de rester au garage plus longtemps que prévu. En cause: des problèmes liés à la protection des données.

Le préposé cantonal à la protection des données, Beat Rudin, exige en effet que la police règle certains soucis avant de mettre en service ses voitures. Lors d'une course-poursuite par exemple, écrit «bz Basel», les Tesla «entendent» tout ce qui est dit à l'intérieur de la voiture. Cela est dû au fait que plusieurs fonctions importantes de l'auto sont commandées vocalement. Le hic réside dans le fait que tous les enregistrements du microphone atterrissent sur un serveur de Tesla.

L'entreprise aurait par ailleurs accès aux véhicules à distance, notamment en ce qui concerne leur positionnement. Le géant américain sait donc à tout moment quel véhicule se dirige dans quelle direction et à quelle vitesse, écrit le média alémanique. Ces données, qui sont avant tout utilisées pour des questions relatives à la sécurité, sont d'autant plus sensibles lorsque les voitures sont utilisées par la police.

Conditions générales signées unilatéralement

Autre point qui fâche: le Département bâlois de la justice et de la sécurité (JSD) aurait signé les conditions générales de Tesla, mais l'entreprise américaine n'aurait, elle, pas signé celles du JSD, écrit le média alémanique.

Contactée, la police bâloise confirme que des vérifications sont en cours en collaboration avec le préposé à la protection des données. Elle n'a pas donné plus de précisions.

Théoriquement, il est possible de rompre tout lien entre Tesla et ses voitures. L'entreprise précise cependant dans ses conditions générales que cela pourrait causer de graves dégâts au véhicule.

Tesla n'enregistre aucune donnée concernant l'emplacement

Dans une prise de position, l'entreprise Tesla assure qu'elle n'effectue aucun enregistrement vocal. Les conversations ne sont ni enregistrées ni transmises à un serveur, ajoute le géant américain. Celui-ci tient également à préciser que c'est au client de décider s'il veut transmettre de manière anonyme des segments de route à l'entreprise. Par défaut, cette option serait désactivée. Elle pourrait cependant être activée par le client s'il le désire.

La firme souligne qu'elle ne trace pas l'emplacement de ses voitures, sauf avec l'autorisation explicite du client ou lorsque, dans certaines situations, la loi l'y oblige. Pour finir, Tesla assure ne pas enregistrer de données relatives à l'emplacement de ses véhicules. La firme se contenterait d'assurer une connexion sûre entre l'app et le véhicule. Les clients pourraient par ailleurs désactiver la transmission des données du véhicule.

Et la Tesla de Doris Leuthard?

La Conseillère fédérale Doris Leuthard, roule en Tesla, sa voiture de fonction. Elle est mise à disposition par ArmaSuisse. Contacté pour savoir si la question de la confidentialité avait été étudié au moment du choix du véhicule, l'Office fédéral de l'armement explique: «Nous n'avons pas autorisé Tesla à collectionner les données concernant l'emplacement du véhicule. Celui-ci peut en revanche transmettre de manière anonyme des données concernant certains segments de route afin d'améliorer certaines fonctions. Mais Tesla ne peut pas retracer ces données vers un véhicule en particulier.» Et d'ajouter: «Aucune donnée relative à l'emplacement de la voiture n'est enregistrée.» Pour finir, ArmaSuisse précise que le véhicule n'effectue aucun enregistrement vocal. L'Office fédéral de l'armement signale cependant que la voiture enregistre certaines données relatives au véhicule et que Tesla peut accéder manuellement à ces données lorsque cela est nécessaire dans le cadre de l'entretien du système ou la résolution de problèmes.

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