Drame en Espagne: Soudain, «tout s'est rempli de cadavres»
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Drame en EspagneSoudain, «tout s'est rempli de cadavres»

Au moins douze personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord-est de l'Espagne, fauchées sur les rails par un train à grande vitesse.

Des jeunes ont été fauchés sur les rails par un TGV dans la localité catalane de Castelldefels.

«En trois secondes, tout s'est rempli de cadavres», raconte Marcelo Carmona, témoin de la tragédie ferroviaire de la nuit de la Saint-Jean, à Casdelldefels (nord-est), dans laquelle 12 personnes sont mortes fauchées par un train en traversant la voie ferrée.

Le train de banlieue à bord duquel Marcelo Carmona voyageait était bondé de jeunes gens «euphoriques» qui allaient fêter la Saint Jean sur la plage, dans cette commune côtière de 63.000 habitants de la grande banlieue de Barcelone.

A l'arrêt en gare, «quand les portes se sont ouvertes, je suis resté en retrait avec ma famille. Les jeunes sont sortis vers le passage souterrain, mais il est très étroit et il s'est rempli immédiatement», explique-t-il aux journalistes. Une passerelle pour piétons au-dessus des voies, était, elle, fermée au public.

«Alors, une vague de passagers a traversé la voie à pied. Un train est arrivé à toute vitesse. En trois secondes, tout s'est rempli de cadavres. Tout le monde criait, pleurait. Les gens étaient en état de choc», raconte Marcelo Carmona.

Le groupe a été fauché par un train effectuant la liaison entre Alicante (sud-est) et Barcelone qui circulait à une vitesse élevée.

Son machiniste a apparemment freiné comme il a pu. Il s'est arrêté environ 200 mètres après l'impact fatal. Marcelo Carmona assure que le train a sonné «trois fois», mais d'autres témoins affirment qu'il n'a pas averti.

Il n'a «actionné son signal qu'au dernier moment», témoigne Claudio Lucero, propriétaire chilien d'une supérette située juste en face de la gare.

«Hier soir, tous les trains étaient bondés et il y avait beaucoup de monde partout sur les quais. En voyant cela aux arrêts précédents, le conducteur aurait pu rouler moins vite», estime cet immigré chilien.

«Dans ce genre de situation, un machiniste qui roule à la vitesse réglementaire ne peut pas faire grand chose, à part essayer de freiner. Nous avons pu parler avec lui. Il est tranquille parce qu'il a agi selon les normes, mais très préoccupé, c'est un choc», a expliqué à radio un responsable de son syndicat, Semaf, Carlos Segura.

La police et les pompiers catalans ont rapidement accouru sur les lieux pour évacuer les blessés, 14 au total dont «un dans un état très grave», selon le département régional de la santé.

Les corps, recouverts de toiles dorées, ont d'abord été entreposés sous une tente de campagne, selon un journaliste de l'AFP.

Toute la nuit, la police scientifique s'est affairée autour des voies ferrées à la recherche de restes humains.

«Nous allons avoir beaucoup de mal à identifier les victimes, à cause des caractéristiques de l'accident», a expliqué la responsable régionale de la justice, Montserrat Tura.

Les corps ont été transportés à l'Institut de médecine légale de Castelldefels, où ils devaient être autopsiés dans la journée.

Le propriétaire de la supérette met en cause l'attitude des policiers: «Plusieurs heures avant, ils ont arrêté des jeunes qui traversaient la voie à pied. Plutôt que de les en dissuader, ils les ont fouillés. Ils avaient l'air plus intéressés par ce qu'ils portaient dans leurs sacs-à-dos».

(afp)

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