Soudan: 12 000 réfugiés au Tchad
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Soudan: 12 000 réfugiés au Tchad

Quelque 12 000 personnes ont fui le Darfour soudanais pour se rendre au Tchad voisin après d'intenses bombardements et des attaques, a annoncé dimanche le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

L'ONU a condamné ces attaques qui auraient fait au moins 27 tués.

Les réfugiés se sont rendus dans la région de Birak, dans le sud- est du Tchad, après une série d'attaques intervenues vendredi et samedi, commises par l'armée soudanaise et les miliciens Janjawid, a dit à l'AFP la porte-parole du HCR, Hélène Caux.

La situation dans l'est du Tchad reste tendue, après les récents combats opposant rebelles et forces gouvernementales tchadiennes, qui ont conduit le HCR à évacuer ses équipes du pays.

Mais pour la porte-parole, les nouveaux réfugiés «ont déjà subi le pire».

12 camps de réfugiés déjà

Le HCR va envoyer une équipe dans la région de Birak afin d'évaluer la situation, en espérant pouvoir transporter par camions les nouveaux réfugiés dans les camps existants, a-t-elle ajouté.

Plus de 240 000 Soudanais du Darfour sont déjà réfugiés au Tchad, dans douze camps.

Samedi, l'armée soudanaise a confirmé mener des opérations dans l'ouest du Darfour, affirmant avoir repris aux rebelles le contrôle de trois localités.

«Les forces armées ont procédé à de vastes opérations de ratissage dans les régions d'Abou Sourouj, Serba et Salia», a dit le porte-parole de l'armée, Othman Mohammed al-Agbach, à l'agence officielle Suna.

Dromadaires

«L'armée a réussi à chasser des rebelles de ces régions et ils ont fui au Tchad, laissant derrière eux un grand nombre de morts et de blessés ainsi que des quantités de matériel», a-t-il ajouté.

Le Mouvement pour la justice et l'égalité, (JEM - rébellion) a affirmé de son côté que les soldats soudanais, soutenus par des miliciens janjawid, a attaqué vendredi les trois villages, au nord de Geneina, la capitale du Darfour occidental, tuant des dizaines de civils.

L'attaque a été lancée avec le soutien de l'aviation et d'hélicoptères de combat et la participation de soldats arrivés à bord de 65 véhicules et de quelque 600 Janjawid à dos de dromadaires, a dit le commandant Abdel Aziz Nur al-Asher, du JEM.

Crainte

L'ONU a condamné samedi l'attaque des trois villages. «Toutes les parties doivent respecter le droit international, qui interdit les attaques militaires contre des civils», a dit un porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban ki-Moon.

Un porte-parole de l'armée a déclaré qu'un soldat avait été tué. Le chef de la tribu Erenga qui domine à Abu Surouj et Sirba, a déclaré que 27 décès avaient été confirmés, mais redoutait un bilan des morts supérieur à 200, qui est l'estimation provisoire avancée par les rebelles.

Ces morts étaient pour la plupart des chefs tribaux, des enseignants, des employés travaillant pour l'Etat, selon un chef tribal d'Abu Surouj. Il a aussi affirmé qu'aucun combattant du JEM ne se trouvait dans le secteur. (ats)

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