Actualisé 20.02.2016 à 10:04

BrexitSoulagement après l'accord Londres-UE

Les européens se félicitent de l'accord trouvé. Cameron plaidera pour le maintien de son pays dans l'UE via le référendum à venir.

Le premier ministre britannique David Cameron, à sa sortie du sommet européen à Bruxelles le 19 février 2016.

Le premier ministre britannique David Cameron, à sa sortie du sommet européen à Bruxelles le 19 février 2016.

photo: Keystone

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) se sont mis d'accord vendredi soir sur un compromis pour maintenir le Royaume-Uni au sein de l'union.Ils devraient ainsi pouvoir éviter le Brexit tant redouté.

«Accord. Soutien unanime pour un nouveau pacte pour le Royaume-Uni dans l'UE», a indiqué le président du Conseil européen sur Twitter. Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avaient remis aux 28 un projet d'accord lors d'un dîner commun entamé vendredi soir après de longues heures de tractations.

«J'ai négocié un accord qui donne au Royaume-Uni un statut spécial dans l'UE», a écrit de son côté, toujours sur le réseau social, le Premier ministre britannique David Cameron.

Le statut spécial également mentionné par Donald Tusk se fait sans «dérogation aux règles» européennes, a souligné le président français François Hollande. Et sans possibilité pour les Britanniques d'opposer un quelconque veto aux décisions de la zone euro dont ils ne sont pas membres. Il s'agissait d'une «ligne rouge» à ne pas franchir pour la France, la Belgique ou encore le Luxembourg.

«C'est un compromis équitable, qui ne nous a pas été facile sur chaque problème», a souligné la chancelière allemande Angela Merkel, en estimant que les partenaires de David Cameron n'avaient «pas fait trop de concessions».

#UKinEU

Jean-Claude Juncker, qui a accompagné Donald Tusk dans son rôle de facilitateur, s'est dit «heureux» et s'est félicité de «mois de travail laborieux» en collaboration avec le Conseil et le Parlement européens. «C'est équitable pour le Royaume-Uni, équitable pour les 27 (autres) pays membres», a-t-il tweeté.

«Accord trouvé #UKinEU (Royaume-Uni dans l'UE). Fin du feuilleton», avait écrit la première Dalia Grybauskaité sur le réseau social, alors que la proposition finale venait d'être présentée aux chefs d'Etat et de gouvernement. Dans les minutes qui ont suivi, le réseau social a bruissé des annonces des dirigeants européens.

«Accord bon et juste»

«David Cameron s'est bien battu pour la Grande-Bretagne. Un bon accord pour le Royaume-Uni et l'UE. Félicitations!», a ainsi tweeté de son côté le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen. Son homologue tchèque Bohuslav Sobotka s'exclamait «Nous avons un accord!», le qualifiant de «bon compromis, qui je l'espère permettra de maintenir la Grande-Bretagne dans l'UE».

«Après des mois d'un travail acharné, un accord bon et juste est offert au peuple britannique», a lancé de son côté l'Estonien Taavi Roivas.

Dans l'attente des détails du compromis, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel évoquait brièvement l'un des points d'achoppements des négociations, la gouvernance économique de l'Union. «L'économie de l'UE est forte avec des conditions égales pour chacun. Terrain d'égalité garanti pour les 28», a-t-il écrit sur le réseau social.

«C'est maintenant au peuple britannique de décider», a observé de son côté le chef du gouvernement belge Charles Michel.

Cameron en campagne

De fait, avec ce compromis en main, le Premier ministre britannique va désormais plaider pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, dans la perspective d'un référendum qui pourrait se tenir dès le 23 juin «Je pense que cela suffit pour recommander que le Royaume-Uni reste dans l'UE», a déclaré vendredi soir David Cameron, évoquant «un moment historique» pour son pays.

David Cameron a fait savoir qu'il annoncerait à l'issue du conseil des ministres de ce samedi matin la date du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

«Le gouvernement va discuter ce matin du nouveau statut spécial du Royaume-Uni dans l'UE; ensuite, j'annoncerai la date du référendum», a-t-il écrit sur Twitter.

(nxp/ats)

Les points de l'accord

Traités européens

Deux éléments de l'accord doivent être inscrits dans des modifications à venir des traités européens:

- Le Royaume-Uni sera exempté de l'objectif d'une poursuite de l'intégration politique dans le cadre de l'engagement des traités européens envers une «union sans cesse plus étroite» des peuples d'Europe.

- Les éléments d'un accord pour assurer un traitement équitable des accords économiques et financiers entre les Etats de la zone euro et ceux qui n'en font pas partie.

Avantages sociaux

Le Royaume-Uni aura le droit de ne pas accorder les avantages liés au statut de salarié aux nouveaux arrivants sur son sol d'autres Etats de l'UE pour leurs quatre premières années dans le pays. Le Royaume-Uni pourra mettre en oeuvre un mécanisme de «frein d'urgence» pour les nouveaux arrivés durant une période de sept ans à partir du moment où la mesure aura été utilisée une première fois.

Avantages liés aux enfants

Un système d'indexation concernant toute l'UE en matière de versement des allocations familiales aux salariés dont les enfants vivent dans un autre Etat membre entre en vigueur immédiatement pour les nouveaux demandeurs et le 1er janvier 2020 pour tous les allocataires.

Finances

Le projet met l'accent sur la nécessité de faire «jeu égal» en matière de régulation financière et bancaire. Il donne le droit à la Grande-Bretagne de superviser les établissements financiers et les marchés pour préserver la stabilité financière. Ceci «sans préjudice» au droit de l'Union européenne d'agir pour protéger la stabilité financière.

(NewsXpress)

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