Votation fédérale: Soulagement et mise en garde dans la presse
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Votation fédéraleSoulagement et mise en garde dans la presse

La presse suisse a salué lundi l'accord du peuple à l'extension de la libre circulation à la Bulgarie et la Roumanie.

Un certain soulagement se dégage des éditoriaux face à ce refus des «expérimentations», même si certains soulignent les limites de la voie bilatérale.

«On craignait le pire, on a vécu le meilleur», écrit «Le Journal du Jura», pour qui «la victoire est d'autant plus probante qu'inattendue». Même satisfaction dans «Le Matin»: «tout était réuni pour que cela dérape (...) Tous les malaises pouvaient s'additionner. Ça n'a pas été le cas et le soulagement est immense. La fierté l'est aussi».

«A la tentation du repli et du protectionnisme, le peuple suisse a préféré la garantie d'un régime éprouvé: la libre circulation des personnes a fait ses preuves, et son extension à la Bulgarie et la Roumanie ne perturbera pas les équilibres», renchérit «La Liberté».

«24 heures» salue la «rare constance» du peuple suisse, alors même que la tempête économique arrive. La «Tribune de Genève» relève que «les Suisses ont fait preuve de pragmatisme et de bon sens» et souligne qu'à Genève, «les habitants ne se sont pas laissés duper par une campagne contre les frontaliers».

Outre-Sarine, la «Neue Zürcher Zeitung» voit dans ce vote un refus des «expérimentations» politiques: «dans des temps économiquement difficiles, les Suisses se sont clairement prononcés en faveur de la poursuite de la libre circulation des personnes avec leur plus grand partenaire commercial».

Attention à l'excès d'europhilie

«L'Express» salue quant à lui «un oui massif et réjouissant». «La Suisse avait tout à perdre à cette voie solitaire qui l'attendait en cas de victoire du non», écrit-il. Et d'estimer que les Suisses «sont désormais bien conscients que notre pays est bel et bien ancré dans l'Europe».

D'autres journaux mettent en garde contre tout excès d'europhilie. Pour le «Nouvelliste», de nombreux électeurs ont voté oui «avec le sentiment de ne pas avoir de choix réel compte tenu de la crise en cours».

Période de turbulences

«Le Temps», lui, est plus inquiet. Le quotidien reconnaît que, «vu les circonstances, ces presque 60 % de oui exprimés sur ce fond de crise globalisée et d'angoisse du lendemain ont valeur de plébiscite pour la voie bilatérale».

«Cette approche manque certes de panache et de dimension idéale, elle fait bon marché de la véritable souveraineté, mais au moins est-elle susceptible d'obtenir un consensus», écrit-il. Reste que ce vote survient «au moment même où la voie bilatérale commence à peser à nos partenaires de l'UE et promet d'entrer dans une période d'importantes turbulences».

UDC fragilisée

Plusieurs quotidiens, dont «L'Agefi», le «Tages-Anzeiger» et le «Bund», soulignent toutefois que le vote de dimanche renforce la position de la Suisse dans les négociations face à Bruxelles.

A l'inverse, les 59,6 % de oui sonnent comme «une vraie claque pour l'UDC» et sa «campagne haineuse et outrancière», écrit «L'Express». Ils sont «une réponse du peuple à l'excitation et à l'alarmisme de la droite», renchérit le «Tages-Anzeiger».

«24 heures» estime que le discrédit comme politique «a pris une gifle retentissante. C'est une excellente nouvelle». Selon «Le Quotidien jurassien», pour qui ce vote inflige à Christoph Blocher une défaite dont il aura de la peine à se relever, «la Suisse se détourne toujours plus franchement de l''antieuropéanisme' primaire de la droite nationaliste».

Pour la «Berner Zeitung», «l'UDC est la grande perdante» du scrutin. Ses revirements «lamentables» ont «agacé son aile économique et elle doit maintenant resserrer les rangs», écrit la «BZ». Elle a perdu sa crédibilité en s'alignant sur sa base anti- européenne, ajoute la «Zürcher Landzeitung».

La «Südostschweiz» va plus loin. Pour elle, l'UDC est en train de «perdre son latin». «Et dire que l'économie suisse a misé, un temps, sur ce parti pour la défendre», conclut «La Liberté».

(ats)

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