Actualisé 20.07.2020 à 11:43

GrèceSoupçons autour de l’enquête sur la tragédie de Mati

Un quotidien grec affirme qu’un enquêteur sur l’incendie de la station balnéaire de Mati a subi des pressions pour enterrer l’affaire. La ministre en charge de la police dément.

L’incendie du centre balnéaire de Mati, à proximité d’Athènes, avait fait 90 victimes le 22 août 2018.

L’incendie du centre balnéaire de Mati, à proximité d’Athènes, avait fait 90 victimes le 22 août 2018.

Archives/ Keystone

Un enquêteur sur la tragédie de la station balnéaire grecque de Mati, où 102 personnes avaient péri dans un incendie le 23 juillet 2018, a subi des pressions pour «enterrer» des preuves, a affirmé ce week-end le quotidien Kathimerini.

L’enquêteur du service d’incendie, Dimitris Liotsios, aurait reçu l’ordre de celui qui était alors à la tête des pompiers, Vassilis Mattheopoulos, d’«enterrer» des rapports d’enquête pour éviter des représailles de ses supérieurs, selon le quotidien.

Conversation enregistrée

D’après le journal grec, l’enquêteur avait enregistré sur son téléphone une conversation avec le chef du service d’incendie et l’avait transmise à la justice.

«Il est maintenant clair qu’il y a eu une tentative de couvrir» les faits, a estimé dimanche le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis.

Le 23 juillet 2018, 102 personnes avaient péri dans un violent incendie qui avait ravagé la station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres d’Athènes. Le gouvernement de gauche de l’époque avait insisté sur la difficulté d’organiser l’évacuation des personnes menacées, avec des vents soufflant à 120 km/h.

«Mensonges»

Néanmoins, dans les semaines qui suivirent, le ministre en charge de la police, Nikos Toskas, avait démissionné, après des accusations selon lesquelles la police n’avait pas sécurisé la zone assez rapidement, ni alerté les pompiers sur l’ampleur de l’incendie.

La justice a engagé des poursuites pour négligence criminelle contre 20 personnes, y compris de hauts responsables du service d’incendie, de la police portuaire et de la protection civile. Madame Olga Gerovassili, qui avait succédé à Monsieur Toskas, a qualifié de fausses les informations du quotidien. Interrogé par la télévision ERT, l’ancien chef du service d’incendie a qualifié ces informations de «mensonges».

(AFP/NXP)

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