Union européenne: Soupçons de fraude liée au FN au Parlement européen
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Union européenneSoupçons de fraude liée au FN au Parlement européen

Le Parlement européen a annoncé lundi soir avoir saisi l'organisme antifraude de l'UE d'éventuelles irrégularités financières commises par le Front national (FN).

Marine Le Pen et le vice-président du FN Louis Alliot lors d'une séance au Parlement européen de Strasbourg.

Marine Le Pen et le vice-président du FN Louis Alliot lors d'une séance au Parlement européen de Strasbourg.

L'affaire concerne des salaires versés à 20 assistants parlementaires européens. Le préjudice représenterait 7,5 millions d'euros (environ 8 millions de francs) pour l'ensemble de la législature, a indiqué une source parlementaire, confirmant les chiffres avancés par le quotidien français «Le Monde» qui a révélé l'affaire.

Les assistants de parlementaires européens figurent sur l'organigramme du Front national et semblent avoir des responsabilités politiques au sein du parti alors qu'ils «doivent nécessairement et directement travailler à l'exercice du mandat parlementaire des députés européens», indique le Parlement.

Fonction différente

«L'organigramme de la direction nationale du parti reprend 4 assistants accrédités (à Strasbourg ou à Bruxelles) et 16 assistants locaux (dans les circonscriptions). Parmi les assistants locaux concernés, dix ont conclu un contrat de travail qui indique comme adresse d'exécution l'adresse du siège du Front national à Nanterre», détaille l'institution.

«De plus, la description de leur fonction contractuelle avec le député diffère en tout point de la nature des fonctions détaillées dans l'organigramme du Front national ou sur le site Internet du parti. Par ailleurs, toujours selon cet organigramme, certains assistants ne travaillent pas pour le député auquel ils sont liés par un contrat de travail», insiste encore le Parlement.

«C'est la première fois qu'on est confrontés à des cas de fraudes supposées dans de telles proportions. Il y a eu des précédents, mais ça concernait des députés à titre individuel, a dit mardi à Reuters le porte-parole de l'institution, Jaume Duch.

Le président social-démocrate du Parlement de Strasbourg, Martin Schulz, a saisi lundi l'Office européen de lutte antifraude (OLAF). Cet organe devra évaluer le bien-fondé de la dénonciation, dans un délai d'un à deux mois. Si elle décide alors de lancer une enquête, celle-ci pourrait prendre un à deux ans, selon l'institution.

Accusé par le FN

Le parti d'extrême droite y voit de son côté un coup de pouce de M. Schulz au gouvernement français, à moins de deux semaines des élections départementales.

«Nos assistants sont très souvent des gens qui militent pour leur parti et pour ses idées, ce qui est encore autorisé en euro-dictature», a affirmé le député européen et vice-président du parti, Florian Philippot.

Il a précisé que certains travaillaient seulement à mi-temps au sein du parti. (ats)

Le Pen dénonce une «manipulation politique»

La saisie de l'Office européen antifraude sur d'éventuelles irrégularités financières commises par le Front national concernant des salaires versés à des assistants parlementaires européens relève d'une «vaste manipulation politique» à quelques jours du scrutin départemental en France, a dénoncé mardi la présidente du parti Marine Le Pen.

«Nous n'avons rien à nous reprocher dans ce domaine comme dans bien d'autres», a martelé Mme Le Pen devant des journalistes, dans les couloirs strasbourgeois du Parlement européen où elle siège.

Pour Mme Le Pen, cette affaire relève d'une «vaste manipulation politique» déclenchée selon elle par M. Schulz, «sur instruction» du Premier ministre Manuel Valls.

Martin Schulz, «qui est un socialiste (...) a rempli son contrat, il est allé dénoncer des députés auprès de l'Olaf, sachant pertinemment que cette simple dénonciation allait ouvrir automatiquement une enquête», a fustigé la présidente du FN.

«Nous répondrons à l'Olaf de la manière la plus sereine qui soit. Cette petite manip politique à quelques jours des élections, ça commence à être un peu grossier», a encore souligné l'eurodéputée. «Et quand ça vient du président du Parlement européen, c'est particulièrement indigne», a-t-elle ajouté.

«J'ai bien compris qu'en ce moment il fallait à tout prix et avec tous les moyens possibles et imaginables tenter de nuire au Front national. Ca ne changera pas le résultat des élections, pour ceux qui avaient espéré l'inverse», a-t-elle encore martelé.

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