Attentats à Paris: Sous le choc, la France a la gueule de bois samedi
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Attentats à ParisSous le choc, la France a la gueule de bois samedi

La France a été touchée de plein fouet par une série de six attaques terroristes sans précédent qui ont fait au moins 128 morts vendredi soir à Paris. Ces attentats ont été revendiqués samedi par le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

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23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

BFM TV
16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

Capture d'écran BFM TV

Le bilan est lourd: au moins 128 morts, outre les huit assaillants, et plus de 250 blessés, dont 80 en «situation d'urgence absolue» et 177 en urgence «relative». Au moins deux Belges, deux Tunisiennes et un Portugais ont été tués.

Pour François Hollande, qui a décrété un deuil national de trois jours - une mesure exceptionnelle - ces attaques sont un «acte de guerre». Il a dénoncé depuis l'Elysée un acte «planifié de l'extérieur et avec des complicités intérieures».

«La France sera impitoyable à l'égard des barbares de Daech», a promis le chef d'Etat, qui a lancé un appel à «l'unité» et au «sang-froid».

Il a aussi annoncé qu'il s'adresserait lundi au Congrès réuni à Versailles. Il était en outre engagé samedi dans d'intenses échanges diplomatiques illustrés par de nombreux entretiens téléphoniques avec plusieurs dirigeants mondiaux.

Des kamikazes, une première

Pour la première fois en France, des kamikazes ont frappé. Et contrairement aux derniers attentats, les djihadistes ont ouvert le feu de façon indiscriminée, cherchant à tuer le plus possible. Ce sont les attaques les plus meurtrières en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en 2004 et en France depuis 1945.

Huit terroristes présumés sont morts, dont sept en se faisant exploser, dans cette série d'attaques ciblant les spectateurs d'un concert de rock au Bataclan, des consommateurs attablés à des terrasses de cafés dans le centre de la capitale (Xe et XIe arrondissements) et près du Stade de France à Saint-Denis.

L'EI (Daech, selon son acronyme en arabe) a revendiqué ces attentats samedi sur internet: «Huit frères portant des ceintures explosives et armés de fusils d'assaut ont visé des sites choisis soigneusement au coeur de Paris».

Au Bataclan, site de l'attaque la plus sanglante avec au moins 82 morts, «on entendait hurler, tout le monde essayait de fuir, les gens se piétinaient... C'était l'enfer», a témoigné un spectateur du concert. C'était «une boucherie», a assuré un policier ayant participé à l'assaut, qui a vu les corps de «gens avec des balles dans la tête, des gens qui se sont fait tirer dessus à terre».

Premiers éléments de l'enquête

Le parquet a ouvert une enquête pour assassinats en relation avec une entreprise terroriste pour ces attaques. «La priorité, c'est d'identifier les corps des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu'ils se sont fait sauter. Il s'agira ensuite de déterminer s'ils ont profité de complicités», selon la police.

Le corps d'un des assaillants présumés du Bataclan, un Français né en Ile-de-France, connu des services de renseignements, a été identifié samedi, a-t-on appris de sources policière et proche du dossier. Un passeport syrien a été retrouvé près d'un des assaillants du Stade de France. Athènes a annoncé qu'il appartenait à un migrant enregistré en Grèce.

Plusieurs témoignages font état d'assaillants arrivés à bord d'un véhicule immatriculé en Belgique. L'une des hypothèses, parmi d'autres, est celle d'une équipe venue de l'étranger, renforcée éventuellement de résidents français, selon une source proche du dossier. Selon la RTBF, des perquisitions ont eu lieu à Bruxelles et une personne aurait été arrêtée.

L'enquête précise que quatre assaillants sont morts au Bataclan, dont trois en actionnant une ceinture d'explosifs, le dernier étant tué lors de l'assaut des forces de l'ordre. Trois kamikazes sont morts au Stade de France, et un autre boulevard Voltaire. Les kamikazes étaient des hommes «aguerris à première vue et parfaitement entraînés», selon une source policière.

Armée mobilisée

L'Elysée a annoncé la mobilisation de «1500 militaires supplémentaires» et le renforcement des contrôles aux frontières, alors que le pays est sous le choc: état d'urgence proclamé, écoles fermées à Paris, tout comme de nombreux commerces, les marchés parisiens, la plupart des salles de cinéma, la Tour Eiffel et le Louvre.

Musées, salles de spectacle et établissements culturels publics resteront fermés dimanche en Ile-de-France, mais les écoles rouvriront lundi. Une minute de silence sera observée lundi à midi dans l'ensemble du pays. Tous les drapeaux sont en berne.

La préfecture de police a interdit les manifestations sur la voie publique dans toute l'Ile-de-France jusqu'à lundi, une interdiction prolongée jusqu'à jeudi à Paris et dans les départements limitrophes. Seules quelques dizaines de personnes pouvaient se rassembler dans l'après-midi place de la République à Paris pour «pleurer» les morts.

Les principaux partis politiques ont eux suspendu leur campagne des élections régionales. Leurs dirigeants ont appelé à l'unité du pays sans parvenir à en dissimuler toutes les fissures qui sont d'emblée apparues. (ats)

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