Vaud: Soutien à l'apprentissage des sans-papiers
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VaudSoutien à l'apprentissage des sans-papiers

Au terme d'un débat houleux, le Grand Conseil a appelé Berne à instaurer l'apprentissage pour tous.

Le Grand Conseil vaudois soutient l'accès à l'apprentissage pour les jeunes sans-papiers. Au terme d'un débat animé saucissonné sur trois séances, le Parlement a soutenu ce projet par 67 voix contre 62. Mais le résultat n'est pas encore définitivement acquis, car un deuxième débat est nécessaire.

Longuement bataillé

Socialistes, Verts et A Gauche Toute, soutenus par une partie de l'Alliance du centre et quelques députés de droite, ont longuement bataillé pour faire passer cette initiative cantonale. Le texte demande à la Confédération de rédiger les bases légales nécessaires pour permettre aux sans-papiers de suivre un apprentissage.

La motion de Luc Barthassat (PDC/GE), votée en 2010 par le Conseil national, est «quasiment impossible à mettre en oeuvre. Elle conduit à une impasse car elle ne demande pas une modification de la base légale», a expliqué à la tribune Cesla Amarelle (PS).

Donner un avenir

«Il faut changer la loi pour donner à ces jeunes un avenir autre que la rue ou le marché noir», a relevé le radical Serge Melly. «Nous devons trouver une solution pour des jeunes qui sont discriminés», a lancé le socialiste Michel Renaud.

Le conseiller d'Etat Philippe Leuba a rappelé que le canton avait tenté de trouver une solution pragmatique à ce problème «particulièrement difficile». Les jeunes sans statut légal peuvent suivre les cours des gymnases et des écoles professionnelles, mais pas entrer en apprentissage, qui relève du droit du travail.

Pas de travail possible

«On ne peut pas dire à un jeune: fais un apprentissage mais tu ne travailleras jamais», a relevé le conseiller d'Etat. Il s'est opposé à ce texte qui ne «sert strictement à rien, car les autorités compétentes à Berne sont déjà saisies».

Pire, cette initiative pourrait déboucher sur le contraire du but recherché. «Il n'est pas exclu que les Chambres fédérales adoptent une législation contraignante, qui pourrait mettre en péril la solution vaudoise», a-t-il déclaré.

Pari de l'illégalité

La droite, UDC en tête, a vertement critiqué «le pari de l'illégalité» lancé par la municipalité lausannoise, qui avait mis ouvertement le problème sur la table. «Engager un apprenti sans titre de séjour est contraire au droit fédéral», a rappelé l'UDC Claude-Alain Voiblet, qui a accusé la gauche de vouloir «ouvrir la porte à la régularisation de tous les sans-papiers».

(ats)

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