Valais: Oui des députés à l’initiative contre les grands prédateurs
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ValaisOui des députés à l’initiative contre les grands prédateurs

Le Grand Conseil valaisan a accepté d’entrer en matière sur un texte lancé en 2016 qui exige l’introduction d’un nouvel article permettant de réguler lynx, loups et ours.

La droite a souligné l’importance de montrer à la population valaisanne que le sujet des grands prédateurs, dont le loup, n’était pas clos.

La droite a souligné l’importance de montrer à la population valaisanne que le sujet des grands prédateurs, dont le loup, n’était pas clos.

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Le Grand Conseil a accepté lundi d’entrer en matière pour soutenir l’initiative «pour un canton du Valais sans grands prédateurs». La droite a souligné l’importance «d’entendre les citoyens» qui ont massivement accepté la loi sur la chasse, la gauche a dénoncé un texte «mensonger». La décision devrait tomber jeudi.

La majorité des députés valaisans partagent ainsi la position du Conseil d’Etat qui propose d’accepter l’initiative et de la soumettre au peuple en lui recommandant de l’accepter. L’entrée en matière a été soutenue par 105 oui, 19 non et 1 abstention.

Sujet pas clos

La droite a souligné l’importance de montrer à la population valaisanne que le sujet des grands prédateurs n’était pas clos. Le 27 septembre, la révision de la loi sur la chasse a été refusée par 51,9% des votants suisses mais acceptée à l’unanimité par toutes les communes valaisannes et à 68,6% des voix. «Cette initiative vient compléter les démarches entreprises sur le plan fédéral», a insisté l’UDC.

La gauche a dénoncé un texte «vide» qui «s’apparente à lancer de la poudre aux yeux aux Valaisans sans vraiment améliorer les conditions matérielles des éleveurs» tout en servant «à engranger des bénéfices électoraux». Les Verts ont eux répété que le texte, même remanié à plusieurs reprises, était pétri «de vices de procédure». Au total, trois amendements ont été déposés.

Faible marge de manoeuvre

Dans les faits, l’acceptation de l’initiative populaire ne changera pas fondamentalement la situation actuelle et future dans le canton pour les grands prédateurs, avait admis fin juin le Conseil d’Etat. Le Valais ne dispose que d’une faible marge de manoeuvre pour édicter un concept cantonal en la matière. Le gouvernement avait toutefois estimé «important que la population valaisanne puisse s’exprimer sur cette problématique».

L’initiative cantonale pour un Valais sans grand prédateur (loup, lynx, ours) a été lancée en 2016 par une dizaine de Haut-Valaisans. Elle a abouti en janvier 2017 munie de 9545 signatures, soit 3545 de plus que nécessaires. Le 25 janvier 2017, le Conseil d’Etat a transmis l’initiative au Grand Conseil. Après examen préalable et modification du texte, l’initiative populaire a été déclarée recevable par les députés le 12 septembre 2019.

Le texte exige l’introduction d’un nouvel article 14bis dans la Constitution cantonale dont la teneur est la suivante: «L’Etat édicte des prescriptions relatives à la protection contre les grands prédateurs ainsi qu’à la limitation et à la régulation de leur effectif. La promotion de la population des grands prédateurs est interdite». Par grands prédateurs, il faut comprendre lynx, loups, ours et chacals dorés.

(ATS/NXP)

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