Espace - SpaceX lance à son tour sa première mission de tourisme spatial
Publié

EspaceSpaceX lance à son tour sa première mission de tourisme spatial

Mercredi, quatre passagers novices passeront trois jours dans l’espace, la première mission de l’Histoire sans aucun astronaute professionnel.

Le commandant de la mission Inspiration4, Jared Isaacman, le 2 février 2021 à Hawthorne, en Californie.

Le commandant de la mission Inspiration4, Jared Isaacman, le 2 février 2021 à Hawthorne, en Californie.

AFP

Au tour de SpaceX de se lancer dans le tourisme spatial. Une fusée de la société d’Elon Musk doit propulser mercredi, quatre passagers qui passeront trois jours dans l’espace, une mission très ambitieuse qui sera la première de l’Histoire à n’envoyer en orbite que de complets novices, sans aucun astronaute professionnel.

Baptisée Inspiration4, cette mission doit conclure un été marqué par l’envol de milliardaires au-dessus de l’ultime frontière: d’abord Richard Branson le 11 juillet, à bord du vaisseau de Virgin Galactic, puis quelques jours plus tard Jeff Bezos, avec sa société Blue Origin. Le touriste milliardaire de SpaceX se nommera pour sa part Jared Isaacman, Américain de 38 ans, patron d’une entreprise de services financiers et pilote aguerri. Mais lui n’a pas fondé l’entreprise lui permettant de faire le voyage. Il en loue simplement les services, pour un prix qui n’a pas été dévoilé mais qui se compte en dizaines de millions de dollars. Car la mission n’a rien à voir avec l’expérience de seulement quelques minutes proposée par Virgin Galactic et Blue Origin.

Cette fois, il s’agit d’aller voler plus loin que la Station spatiale internationale (ISS). «Le risque n’est pas de zéro», reconnaît Jared Isaacman dans l’un des épisodes du documentaire diffusé par Netflix sur la mission. «Vous voyagez dans un vaisseau à 28’000 km/h autour du globe. Ce genre d’environnement est associé à un certain risque.» La société d’Elon Musk a déjà transporté pas moins de dix astronautes vers l’ISS pour le compte de la Nasa. Mais ils seront les premiers passagers privés à monter dans la capsule Dragon, lancée par la fusée Falcon 9.

Le décollage est prévu pour mercredi à partir de 20h00 sur la côte est américaine (minuit GMT). Une autre opportunité de lancement est planifiée jeudi si les conditions météo l’imposent. Les passagers décolleront depuis la mythique aire de lancement 39A, au Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d’où décollèrent les missions Apollo vers la Lune.

«On va sur la Lune?»

Outre Jared Isaacman, commandant à bord, trois anonymes seront du voyage, sélectionnés via un processus original qui a débuté par une publicité projetée durant la mi-temps du Super Bowl, événement sportif américain. Chaque siège est censé incarner une valeur. Hayley Arceneaux, rescapée d’un cancer pédiatrique, représente l’«espoir». Elle sera la première personne avec une prothèse à se rendre dans l’espace – et sûrement celle qui est le moins liée à cet univers.

«Est-ce qu’on va aller sur la Lune?» a-t-elle demandé lorsque l’opportunité lui a été présentée. Et après avoir découvert que non: «apparemment, on n’y a pas été depuis des décennies! C’est une chose que j’ai apprise», rit-elle dans le documentaire. La jeune femme de 29 ans a été sélectionnée car elle travaille en tant qu’assistante médicale dans l’hôpital pédiatrique de St Jude, à Memphis dans le Tennessee – un établissement pour lequel Jared Isaacman a lancé une immense levée de fonds.

L’un des donateurs a obtenu le siège de la «générosité»: Chris Sembroski, 42 ans, est un ancien de l’armée de l’Air américaine qui travaille désormais dans l’industrie aéronautique. Le dernier siège représente la «prospérité», et a été offert à Sian Proctor, une professeure de sciences de la Terre de 51 ans qui a failli, en 2009, devenir astronaute pour la Nasa. Elle sera seulement la quatrième femme Afro-Américaine à aller dans l’espace.

Mois d’entraînement

L’équipage s’est entraîné depuis plusieurs mois. Ils ont expérimenté la force g à laquelle ils seront exposés grâce à une centrifugeuse – un bras de plusieurs mètres en rotation rapide. À bord de vols paraboliques, ils ont pu goûter à une sensation d’apesanteur. Ils ont aussi effectué un trek dans la neige en haute altitude sur le Mont Rainier, dans le Nord-Ouest des États-Unis. Enfin, ils ont passé du temps dans les locaux de SpaceX, même si le vol devrait normalement rester entièrement automatisé.

Durant les trois jours en orbite, leur sommeil, leur rythme cardiaque, leur sang ou encore leurs capacités cognitives seront analysés. Des tests seront effectués avant et après le vol, pour étudier l’effet du voyage sur leur corps. L’idée est d’accumuler des données pour les futurs passagers privés. Car le but affiché de la mission est d’ouvrir les portes de l’espace à un plus grand nombre – bien que celles-ci ne restent pour le moment qu’entre-ouvertes pour quelques privilégiés.

«Dans toute l’histoire de l’humanité, moins de 600 êtres humains ont atteint l’espace», a rappelé Jared Isaacman dans un communiqué le mois dernier. «Nous sommes fiers que notre vol puisse aider tous ceux qui voleront après nous.»

Version originale publiée sur 20min.ch.

(AFP)

Ton opinion

11 commentaires