Genève: Sperisen reconnu coupable de trois exécutions de plus
Actualisé

GenèveSperisen reconnu coupable de trois exécutions de plus

L'ex-chef de la police du Guatemala a de nouveau été condamné mardi à la prison à vie en appel, pour avoir ordonné dix meurtres de criminels.

par
Julien Culet
Erwin Sperisen (à g.) fera recours du jugement au Tribunal fédéral.

Erwin Sperisen (à g.) fera recours du jugement au Tribunal fédéral.

Erwin Sperisen «a planifié et rendu possible les exécutions de dix détenus sans défense, parfois entravés». Les magistrats de la chambre d'appel ont confirmé mardi la peine de prison à vie prononcée l'an passé à Genève contre l'ex-chef de la police du Guatemala. Ils sont même allés plus loin que les juges de première instance, qui n'imputaient au Suisso-Guatémalèque «que» sept meurtres. Aux criminels tués lors de la reprise en main en 2006 de la prison de Pavon s'ajoutent les trois évadés du centre pénitentiaire surnommé «El Infiernito». Ainsi, en 2005, Sperisen aurait ordonné qu'on les abatte plutôt que de les remettre en cellule. Le témoignage d'un enquêteur qui dit avoir vu des relevés téléphoniques aujourd'hui disparus a cette fois été jugé suffisant. Ils prouveraient que l'ancien dirigeant a communiqué des ordres criminels.

«C'est un signal clair que Genève n'est pas un refuge pour les Suisses qui commettent des actes odieux à l'étranger», a salué le procureur Yves Bertossa. Le fait que les magistrats genevois ne se soient pas rendus sur place a pu être pointé du doigt. «La collaboration des autorités guatémaltèques a permis de recueillir suffisamment d'éléments pour que les juges établissent un verdict de culpabilité», a justifié le magistrat. Pour le directeur de l'association TRIAL, qui avait dénoncé Sperisen à la justice genevoise, «ces trois meurtres supplémentaires prouvent l'existence d'un escadron de la mort qui a agi dans la durée».

La prochaine échéance pour Erwin Sperisen est le Tribunal fédéral voire, ensuite, la Cour européenne des droits de l'homme. «Nous espérons qu'ils reconnaîtront que le droit de notre client à avoir un procès équitable n'a pas été respecté», a réagi Me Giorgio Campa, qui évoque «un dossier vide et manipulé» et d'un verdict «qui ne fait pas honneur à nos institutions». Avec Me Florian Baier, il accuse notamment les juges de la chambre d'appel d'avoir refusé leurs témoins au début du procès. Le Tribunal avait estimé cette demande trop tardive, n'ayant fait que peu de réquisitions tout au long des trois ans de procédure.

Ton opinion