Squatters désormais fichés par leur code ADN
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Squatters désormais fichés par leur code ADN

Mesure dissuasive ou intimidation, le fichage
ADN des squatters suscite la polémique à Genève.

«La loi permet de procéder ainsi dans les cas où la récidive est envisageable, souligne le procureur général, Daniel Zappelli. Les personnes qui ont laissé leur empreinte ADN étaient déjà connues des services de police.» Cette mesure se veut, par ailleurs, dissuasive pour les squatters. «C'est de l'intimidation, rétorque Maurice Pier, du collectif Rhino. On procède ici à une grave atteinte à l'intégrité de l'individu. Et on criminalise le mouvement des squatters en utilisant cette procédure.»

«Le but est de construire un fichier avec un maximum de données», argumente Pierre Bayenet. L'avocat d'un des squatters arrêté et fiché précise que, désormais, presque toutes les personnes interpellées, même les petits consommateurs de drogue, risquent d'être enregistrées dans la base de données. «Alors que cela n'est pas forcément nécessaire pour l'enquête», affirme-t-il.

Les squatters, quant à eux, ne se sentent nullement gênés par ce «chantage». Ils n'arrêteront pas pour autant d'occuper des logements vacants «laissés à la merci des spéculateurs immobiliers». L'un d'eux, qui préfère garder l'anonymat, lance: «La justice ne nous fait pas peur, c'est plutôt elle qui devrait craindre la montée en puissance du mouvement. Bientôt, la police aura l'occasion d'étoffer sa base de données.»

Shahïn Ammane

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