Coppet (VD): Squatters déterminés à rester
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Coppet (VD)Squatters déterminés à rester

Les occupants du numéro 54 de la Route suisse avaient rendez-vous pour une séance de conciliation avec le propriétaire du bâtiment, lundi. La démarche a échoué.

par
Caroline Gebhard
Les premiers occupants ont débarqué au numéro 54 de la Route Suisse en 2004.

Les premiers occupants ont débarqué au numéro 54 de la Route Suisse en 2004.

Les squatters ont jugé que le projet de réfection de la bâtisse occupée depuis 2004 n'était pas «suffisamment crédible pour qu'on s'engage à quitter les lieux», selon Marc*, membre du collectif. Le groupe avait en effet fixé comme pré-requis à son départ que le propriétaire lui soumette un projet immobilier concret. «On trouve qu'il manque de crédibilité et que c'est surement du vent pour faire place nette et continuer à spéculer sur le bâtiment», poursuit Marc*, en référence aux devis d'entrepreneurs produits par le propriétaire lors de l'audience de conciliation avortée de lundi. «Il n'a rien prévu, par exemple, pour le toit: il ne peut pas commencer des travaux intérieurs s'il n'est pas refait», note le jeune homme.

«Mon client a tout mis en œuvre pour tenter de trouver un accord dans ce dossier. Il s'est notamment plié aux désidératas des squatteurs en démontrant, alors qu'il n'en a pas l'obligation légale, sa volonté de récupérer son bien immobilier pour ses propres besoins», insiste Me Philippe Eigenheer, avocat du propriétaire. Qui poursuit: «Bien qu'occupant illicitement les lieux depuis plusieurs années, les squatteurs rendent vaine la conclusion d'un accord, proposant au propriétaire des "conditions de départ" matériellement impossibles ou parfaitement inacceptables». Le propriétaire entend désormais porter l'affaire devant le tribunal afin que la justice tranche sur le fond.

Plaintes dans les deux sens

En marge de ce volet civil, les deux parties s'affronteront également sur le plan pénal. Accusant le propriétaire d'avoir organisé une opération commando et tout saccagé dans leur bâtisse en février dernier, les squatters avaient déposé une plainte pour violation de domicile, dommages à la propriété, vol, brigandage, menaces et contraintes. Une audience d'instruction aura lieu début novembre. Le propriétaire, qui réfute ces accusations, envisage pour sa part de déposer une plainte pénale à l'encontre des squatters «en relation, notamment, avec l'état de son bien immobilier», indique son avocat.

*prénom d'emprunt

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