Bosnie-Herzegovine: Srebrenica: les familles de victimes soulagées

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Bosnie-HerzegovineSrebrenica: les familles de victimes soulagées

L'arrestation de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est un «soulagement» pour les familles de victimes du massacre de Srebrenica.

L'arrestation jeudi en Serbie de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est un «soulagement» pour les familles de victimes du massacre de Srebrenica, où quelque 8.000 musulmans ont été tués en juillet 1995, a dit à l'AFP la présidente d'une association locale.

«Après seize ans d'attente, pour nous, les familles de victimes, c'est un soulagement», a dit Hajra Catic, présidente de l'association «Femmes de Srebrenica».

«Pour nous, c'est vraiment très important», a ajouté au téléphone Mme Catic, dont le mari et le fils ont été tués dans le massacre de Srebrenica.

L'arrestation de Ratko Mladic, inculpé par le Tribunal pénal international (TPIY) pour l'ex-Yougoslavie, notamment pour le massacre de Srebrenica, en Bosnie orientale, a été confirmée par le président serbe Boris Tadic à Belgrade.

Le génocide, le crime le plus grave du droit international

Le génocide, dont est notamment accusé l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, arrêté jeudi, est le crime le plus grave reconnu par le droit international mais également un des plus difficiles à prouver.

Dérivé du grec «genos» (race) et du suffixe latin -cide (du latin «caedere», tuer), le terme de génocide fut inventé en 1944 par Raphael Lemkin, un juif polonais, conseiller au secrétariat américain à la Guerre, pour désigner les crimes commis par les nazis.

Dans le droit international, le génocide est reconnu depuis 1948 grâce à la Convention des Nations unies qui stipule que:

- le meurtre

- les atteintes graves à l'intégrité physique et mentale

- la soumission intentionnelle de membres du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle

- les mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe

- le transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe

constituent des crimes de génocide s'ils sont commis avec l'intention de détruire en tout ou en partie un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

«Il est difficile de prouver que l'auteur avait vraiment cette intention spécifique d'exterminer un groupe», explique à l'AFP Cédric Ryngaert, spécialiste en droit international de l'université d'Utrecht aux Pays-Bas.

«On dit du génocide que c'est le crime des crimes. Sans l'intention spécifique, cela devient un crime contre l'humanité», ajoute-t-il.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, créé par les Nations unies pour juger les responsables présumés du génocide de 1994 au Rwanda, a prononcé depuis 1998 une vingtaine de condamnations pour génocide, complicité ou incitation à le commettre.

Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a prononcé une condamnation confirmée en appel en avril 2004 pour des faits de génocide, contre le général serbe de Bosnie Radislav Krstic, pour le massacre de quelque 8.000 garçons et hommes musulmans à Srebrenica (est de la Bosnie) en juillet 1995.

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, arrêté en 2008, est poursuivi pour deux chefs d'accusation de génocide concernant le massacre de Srebrenica et des crimes commis en Bosnie en 1992.

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haute instance judiciaire des Nations unies, a confirmé en février 2007 que le massacre de Srebrenica était un génocide. (afp)

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