Sri Lanka: offensive la plus meurtrière depuis 2002

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Sri Lanka: offensive la plus meurtrière depuis 2002

Le Sri Lanka a essuyé sa plus grosse perte de soldats depuis février 2002 dans une offensive déclenchée mercredi dans le nord de l'île contre la rébellion tamoule, a reconnu jeudi le gouvernement.

Au moins 129 militaires ont été tués et plus de 500 blessés.

Les autorités sri-lankaises ont en même temps revendiqué la mort de 200 rebelles des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), après six heures de combats mercredi dans la péninsule de Jaffna (à 400 kilomètres au nord de Colombo).

En face, les Tigres ont nié, affirmant n'avoir perdu que dix hommes. Les rebelles tamouls ont remis jeudi au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) les corps de 74 soldats sri- lankais, a indiqué un responsable du CICR.

«Nous avons accepté 74 corps de soldats sri-lankais après un accord entre les deux parties», a déclaré ce responsable à Colombo.

Résistance importante

Le ministère de la Défense a accusé les Tigres d'avoir capturé mercredi une compagnie d'infanterie de 78 soldats et de les avoir tués «en violation de toutes les règles des Conventions de Genève». Sur ces 78 hommes, 74 corps ont été rendus et quatre militaires manquent encore à l'appel.

Les Tigres avaient assuré plus tôt avoir tué «120 soldats» sri- lankais, blessé 400 autres et récupéré «75 corps» de leurs ennemis, selon leur site internet qui a diffusé des images de cadavres de soldats. Colombo et les LTTE sont coutumiers des bilans contradictoires et invérifiables.

Mercredi à l'aube, des troupes sri-lankaises au sol, épaulées par des avions de chasse et des vedettes, avaient lancé une offensive d'envergure en territoire rebelle. Les LTTE luttent pour l'autonomie du Nord-Est de l'île.

Mais les militaires ont buté sur une résistance farouche des Tigres. Le ministère de la Défense a reconnu la «débâcle».

Eloignement des négociations

Il s'agit, d'après ses responsables, du pire bilan depuis la trêve signée le 23 février 2002 entre Colombo et les LTTE.

Ce carnage douche les espoirs de paix au Sri Lanka, après un accord annoncé mardi pour rouvrir les négociations de paix fin octobre en Suisse, sous l'égide de la Norvège, pays médiateur.

«Avec ces derniers combats, nous nous éloignons des négociations», a estimé l'ancien chef de l'armée de l'air, Harry Goonetileke. Le Nord et l'Est du Sri Lanka sont en proie depuis juillet aux pires violences malgré la trêve de 2002.

Depuis le début en 1972 de l'insurrection des rebelles tamouls, plus de 60 000 civils et militaires ont été tués. Au moins 2200 personnes ont trouvé la mort dans des affrontements entre les deux parties depuis décembre 2005. (ats)

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