Genève: Stagiaires pas rémunérés mais très heureux

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GenèveStagiaires pas rémunérés mais très heureux

Les programmes d'intégration font l'unanimité, tant du point de vue des bénéficiaires que des organismes qui les emploient, selon une étude.

Les activités de réinsertion sont proposées par l'Hospice général depuis 2006. Plus de 1500 personnes en ont déjà bénéficié.

Les activités de réinsertion sont proposées par l'Hospice général depuis 2006. Plus de 1500 personnes en ont déjà bénéficié.

Keystone

A Genève, les activités de réinsertion proposées par l'Hospice général sont jugées utiles par leurs bénéficiaires et les institutions qui les accueillent. Mais l'Observatoire de l'aide sociale et de l'insertion (OASI) met en garde: ces stages ne doivent pas remplacer des emplois rémunérés.

L'OASI a rendu publics mardi les résultats d'une étude qu'il a réalisée sur l'activité de réinsertion (AdR). Les personnes qui bénéficient de cette mesure la jugent positive: ces stages d'un an à mi-temps non rémunérés permettent d'être insérés professionnellement et socialement. Les stagiaires déplorent toutefois le manque de reconnaissance de leur travail par un salaire.

De leur côté, les institutions qui accueillent les stagiaires - des services publics et des organismes subventionnés - regrettent aussi de ne pas pouvoir les rétribuer, a indiqué Aude Martenot, docteure en socioéconomie et rédactrice de l'étude. D'autant plus que ces stagiaires fournissent un travail utile, permettant de pallier le déficit de personnel ou le manque de bénévoles.

«Enthousiasme»

Cette étude souffre d'un biais, reconnaît l'OASI. Sur les 79 lieux d'accueil, seuls 25 ont répondu au questionnaire, «peut-être ceux qui ont une attitude plus positive», relève la députée d'Ensemble à Gauche Jocelyne Haller, membre du comité de l'OASI. Pour des raisons de confidentialité, l'observatoire a dû passer par les institutions pour que les stagiaires reçoivent le questionnaire.

Conséquence: seuls 94 stagiaires ont renvoyé le questionnaire rempli alors que 790 étaient visés. Leurs réponses permettent toutefois de casser le stéréotype du bénéficiaire de l'aide sociale qui ne veut pas travailler. «Les gens sont très enthousiastes par rapport à l'AdR, ils sautent sur l'occasion et deviennent rapidement de véritables travailleurs pour l'institution», constate Jocelyne Haller.

Pour des assises

Parmi ses recommandations, l'étude préconise la création d'une base légale pour définir et délimiter l'AdR. Elle demande aussi une réflexion sur une alternative à l'aide sociale. «Les gens demandent un emploi et veulent sortir de l'aide sociale. Il serait sans doute moins coûteux socialement et pour l'Etat, en terme d'efficience, de créer ces postes», estime Jocelyne Haller.

L'étude recommande la tenue d'assises «sur l'avenir de l'aide sociale et sur les indispensables nouvelles formes de protection et prévoyance sociales nécessaires en situation de crise économique durable.» Mise en place à Genève en 2006, l'AdR a concerné 1542 personnes en 2017. (ats)

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