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Hockey – LNAStalder c'est le calme dont les Dragons avaient besoin

Dans une partie de reprise qui a mis du temps à se décanter, le nouveau défenseur de Fribourg-Gottéron s'est déjà illustré face à Genève-Servette.

par
Oliver Dufour
Fribourg

Dans le petit milieu du hockey sur glace suisse, Ralph Stalder s'est taillé une jolie réputation de roc infranchissable au cours des dernières saisons. Après avoir contribué à la promotion du Lausanne HC en LNA en 2013, il avait passé les trois derniers exercices à opposer son droit de veto aux lignes offensives de l'élite, solidement ancré dans l'arrière-garde des Lions vaudois. Inutile de chercher la trace du Bâlois de 30 ans sur la feuille de statistiques dans les catégories offensives. Avec seulement 5 buts et 20 assists en 160 matches au cours des trois dernières saisons de LNA avec le LHC, Stalder ne tape logiquement pas dans l'œil du grand public. Et pour cause. Faire trembler les filets n'est pas ce que lui demandent ses entraîneurs. Sa mission est d'arrêter les adversaires qui cherchent à s'approcher de la cage de son gardien.

Un rôle qu'il remplit à merveille. Demandez aux attaquants du championnat quels sont les défenseurs du pays les plus difficiles à battre en un contre un et il y a de fortes chances pour que le nom de Ralph Stalder figure dans les premières positions de leur liste. «Ralph est quelqu'un de très solide, qui prend souvent les bonnes décisions lorsqu'il est en possession du puck», apprécie Gerd Zehnäusern, son nouveau coach. C'est quelqu'un qui est souvent sous-estimé à cause de sa carrure (ndlr: 178cm pour 89kg, selon sa fiche personnelle) qui n'est pas celle du défenseur typique, mais il fait preuve d'énormément d'abnégation en faveur de des coéquipiers. C'est un défenseur qui ne cherche pas à marquer des points et qui sait que son boulot est de bien relancer ses coéquipiers.»

Sauvetage in-extremis

A vrai dire, en croisant l'homme sans tout son équipement, il serait facile de penser qu'il n'est pas un sportif d'élite. Mais les apparences sont parfois trompeuses et c'est particulièrement le cas pour Stalder. Et sous ses nouvelles couleurs fribourgeoises, le défenseur rhénan n'a pas tardé à se mettre en évidence. Alors qu'on jouait les derniers soubresauts du premier tiers-temps, le gardien des Dragons Benjamin Conz a dû s'avancer hors de sa zone pour intercepter un puck avant un adversaire «grenat». Daniel Rubin en a profité pour lui dérober le palet et se présenter seul devant la cage offerte. Mais la crosse de Stalder a soudain surgi de nulle part pour repousser le danger et empêcher les Aigles de prendre le premier avantage comptable du match. «C'est surtout un peu un coup de chance», admet avec un sourire celui qui s'est improvisé ultime rempart des Dragons. «Et c'est un juste retour des choses pour le nombre de fois où Benji (ndlr: Conz) va nous sauver. Mais il m'a quand même dit merci à la pause!»

Si le No 14 était sur la glace au moment du premier but de Genève (2-1), il est difficile de lui reprocher la réussite de Johan Fransson depuis la ligne bleue, alors qu'il était au marquage sur un attaquant servettien. Au total, Ralph Stalder a passé 17'48'' sur la glace face au GSHC. Soit la troisième plus longue présence des défenseurs fribourgeois, juste derrière le Québécois Alexandre Picard et le jeune super-talent helvétique Yannick Rathgeb. Une implication qui souligne bien la confiance affichée par coach Zenhäusern, qui l'avait déjà dirigé à Lausanne lorsqu'il y officiait à la bande. «Ralph est vraiment un joueur très polyvalent qu'on peut utiliser dans plusieurs situations, y compris en power-play, ce que j'ai fait ce soir (ndlr: vendredi)», rappelle l'entraîneur haut-valaisan. Avec un peu de réussite, le défenseur des Dragons aurait même pu offrir la victoire aux siens en prolongation à 3 contre 3, lorsqu'Andrey Bykov l'a mis sur orbite seul devant Robert Mayer. «Mais je n'ai pas vraiment l'habitude de ces situations», s'excuse Stalder. «Donc je ferme les yeux et je tape dessus!» Ca ne l'a pas empêché d'être nommé meilleur Fribourgeois de la rencontre.

«Bonjour» ou «grüezi»?

Très rapidement bien intégré à Fribourg, le natif de Buckten n'en vivra pas moins une soirée particulière samedi, puisqu'il reviendra affronter son ancien club lausannois. «J'essaie de ne pas trop penser à ça», confie-t-il. «Mais c'est vrai que j'y ai quand même passé sept ans et que ça sera un peu spécial. Mais finalement, les choses sont toujours assez simple dans le hockey. Et c'est le business. Je joue dans un tout autre système, mais sinon il n'y a pas grand-chose qui change. Peut-être juste qu'ici, dans cette ville bilingue, je ne sais pas si je dois dire «bonjour» ou «grüezi». A Lausanne c'était beaucoup plus clair!» Avec sa bonhomie et son détachement apparents, Ralph Stalder représente certainement le calme dont Gottéron avait besoin pour mieux gérer les situations chaudes. L'avenir nous le dira.

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