Genève: Stauffer ignorait violer la loi en achetant de la coke
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GenèveStauffer ignorait violer la loi en achetant de la coke

Le leader du parti populiste MCG voulait montrer en vidéo le laxisme en matière de drogue au bout du lac. Il était jugé lundi.

par
Julien Culet

Une vidéo de propagande politique fait-elle d'Eric Stauffer un trafiquant de drogue? Le leader du MCG et un jeune de son parti étaient jugés lundi matin pour avoir filmé l'achat par ce dernier de 2,2g de cocaïne en septembre 2013 aux Pâquis. En campagne pour le Grand Conseil, la formation antifrontalière entendait démontrer la facilité de se procurer de la drogue dans le quartier chaud genevois. Le dealer avait ensuite été dénoncé à la police et la coke remise aux agents.

C'est un Eric Stauffer plus calme et posé que d'habitude qui s'est présenté au tribunal. «A aucun moment je ne pouvais imaginer que nous étions en infraction, a-t-il indiqué. Je mène un combat contre les stupéfiants depuis que je suis adolescent.» Le député s'opposait à la condamnation à une amende émise par le Procureur général Olivier Jornot. D'après ce dernier, absent hier, le fait qu'il s'agisse de propagande politique retire à l'acte effectué une dimension «socialement utile», à savoir l'arrestation d'un dealer.

La défense dénonce «un raisonnement tordu», une erreur judiciaire. «Le but est politique mais cela peut converger avec l'utilité publique», a plaidé Me Yael Hayat, avocate du tribun. D'après elle, le fait qu'il s'agisse d'Eric Stauffer a eu une influence sur le jugement du Parquet. «Depuis longtemps, on a renoncé à poursuivre les acheteurs d'une quantité de drogue aussi faible», a dénoncé l'avocate, faisant part de son «malaise».

Le verdict sera rendu ultérieurement.

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