Actualisé 26.04.2016 à 17:43

GenèveStauffer veut être blanchi pour l'achat de cocaïne

Condamné à une peine pécuniaire avec sursis pour infraction à la loi sur les stupéfiants, le député du Mouvement citoyens genevois (MCG) a demandé mardi son acquittement devant la Chambre d'appel et de révision.

L'affaire remonte à septembre 2013, en pleine campagne électorale. Eric Stauffer et d'autres partisans du MCG sont allés de nuit, caméra au poing, dans le quartier des Pâquis pour montrer comment l'endroit était infesté de trafiquants de drogue et combien il était facile de s'y procurer de la cocaïne en pleine rue.

Eric Stauffer a donné 200 francs au plus jeune membre de son équipe et lui a demandé d'aborder un groupe de personnes d'origine africaine pour leur acheter de la drogue. Le militant est revenu quelques instants plus tard avec deux boulettes contenant chacune un gramme de cocaïne. La scène a été filmée et diffusée sur internet.

Pas une question futile

Le procureur général Olivier Jornot, soutenant l'accusation et réclamant la confirmation de la condamnation avec sursis d'Eric Stauffer, a répété devant les juges qu'il existait un vrai débat autour de la question de savoir si pour le compte d'une campagne électorale, violer la loi était autorisé.

«Si le Ministère public, dans cette affaire, avait voulu faire de la politique, il aurait refermé le dossier», a souligné M.Jornot. Dans cette histoire, a ajouté le magistrat, il n'y a eu aucune réflexion préalable sur l'évaluation du risque et aucune réflexion sur ce qui allait advenir des boulettes après la transaction.

Pour Eric Stauffer, qui a contesté point par point l'argumentaire du procureur, personne n'a été mis en danger dans cette affaire. La police a été appelée après l'achat de la drogue. Le député a aussi rappelé qu'un achat d'un peu moins de 2 grammes de cocaïne ne donnait plus lieu depuis longtemps à une condamnation pénale.

Des méthodes qui dérangent

Le député s'est dit de ce fait convaincu que ce procès était en réalité celui du MCG, car les méthodes utilisées par le mouvement «dérangent un certain establishment». Le but du clip vidéo que le MCG a tourné aux Pâquis était de montrer la difficulté du Ministère public à venir à bout du trafic de drogue, a-t-il souligné.

Eric Stauffer a déjà annoncé qu'en cas de condamnation en appel, il saisira le Tribunal fédéral. «Toute la Suisse s'intéressera alors à l'affaire et se demandera ce qui arrive à la justice genevoise», a fait remarquer le président d'honneur du MCG, concluant que cette procédure n'avait pas lieu d'être. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!