Cyclisme - Tour de Romandie: Stefan Küng a vaincu la neige, le froid et le sort
Actualisé

Cyclisme - Tour de RomandieStefan Küng a vaincu la neige, le froid et le sort

Le Thurgovien de 23 ans a remporté jeudi la 2e étape du Tour de Romandie, disputée dans des conditions dantesques.

par
Simon Meier
Bulle
Le grand espoir suisse a animé l'étape et s'est montré le plus fort au final.

Le grand espoir suisse a animé l'étape et s'est montré le plus fort au final.

Keystone/Jean-christophe Bott

Stefan Küng n'est pas parvenu à sourire tout de suite, tellement son visage était figé par le froid, après l'arrivée à Bulle. Mais au fil des minutes, le Thurgovien a retrouvé toute sa mobilité faciale afin d'exprimer à quel point cette victoire lui faisait du bien. «Il s'agit d'un très grand soulagement pour moi, après toutes les chutes et la malchance que j'ai connues ces deux dernières années», n'a pas caché le grand espoir du cyclisme suisse.

Echappé avec trois autres coureurs dès le départ (déplacé de Champéry à Aigle en raison de la météo), Küng a fini par «régler» le vétéran ukrainien Andriy Grivko au sprint. Le coureur de BMC savait que cette journée pouvait être la sienne. Primo, parce qu'il avait reçu une «carte blanche» la veille de la part de son équipe. Deuzio, parce qu'il connaissait bien le final et se sentait costaud. Tertio, parce que le destin avait envie de lui faire un clin d'œil.

Il y a deux ans pile, dans des conditions similaires et après avoir franchi le col du Châtelard, Küng s'était révélé au grand jour en s'imposant lors de l'étape de Fribourg. Le bis repetita est d'autant plus savoureux qu'il intervient après une sombre série: fracture d'une vertèbre au Giro 2015, mononucléose pour Noël, fractures de la clavicule et du bassin lors des Championnats de Suisse 2016, puis nouvelle chute lors du dernier Paris-­Roubaix, avec en prime une voiture qui lui roule sur le bras.

«Depuis ma victoire à Fribourg, il s'est passé beaucoup de choses, a consenti Stefan Küng. Je me suis posé beaucoup de questions durant cette période, mais j'ai gagné en maturité. Et je savais que j'avais en moi ce qu'il fallait pour gagner des courses.» Le prometteur Thurgovien en a apporté la preuve jeudi, au cœur de la tempête.

«Il prend de l'endurance sur la route»

Malgré le froid et les précipitations, le formidable numéro de Küng a marqué les esprits lors d'une étape où il valait mieux ne pas mettre de cycliste dehors. Les sourires étaient de circonstance chez tout le staff de BMC. Parmi les rares spectateurs s'était glissé le vainqueur du Tour 2011, Cadel Evans. Et l'Australien a apprécié le coup de maître du jeune Suisse. «Il est incroyable. J'ai d'abord pensé que le peloton était trop près des échappés, puis j'ai cru que Grivko allait l'avoir à l'expérience. Je ne sais pas où Stefan est allé puiser cette force, si ce n'est dans la motivation de cette nouvelle arrivée en Romandie.» A 40ans, le désormais ambassadeur de BMC est totalement sous le charme: «Il avait déjà un gros moteur, mais il prend encore de l'endurance sur la route. C'est un grand pas en avant dans sa carrière. La confirmation aussi, pour l'équipe, que c'est un coureur d'avenir.»

(stc)

Ton opinion