Hippisme: Steve Guerdat doit remettre Nino au travail
Actualisé

HippismeSteve Guerdat doit remettre Nino au travail

Steve Guerdat n'aborde pas la finale de la Coupe du monde, de jeudi à dimanche, dans les meilleures conditions.

Nino des Buissonnets et Steve Guerdat aux JO de Londres, en 2012.

Nino des Buissonnets et Steve Guerdat aux JO de Londres, en 2012.

«Je crois que j'ai trop ménagé Nino», estime Steve Guerdat. Mais le champion olympique est persuadé que son cador de 12 ans saura retrouver ses moyens au plus fort de la bataille à Göteborg (Su).

Le Jurassien effectuera les trois épreuves de la finale (une chasse le jeudi, une épreuve avec barrage le vendredi et une autre en deux manches le dimanche) avec Nino. «La préparation n'a pas été idéale, reconnaît-il. Mais j'espère pouvoir tout mettre en place avant le début de la finale. L'aligner à Paris (ndlr: le hongre a fait 13 points dans le Grand Prix) n'était pas prévu mais j'y tenais car il fallait qu'il comprenne qu'il devait se remettre au boulot. Je crois que je l'ai trop ménagé et, comme il a son caractère, il a essayé de reprendre le dessus. Alors, sur des 140-145 cm, ça passe, on reste sans faute. Mais dès que les obstacles sont plus hauts, il faut cette relation de confiance pour réussir. Je ne m'inquiète pas trop parce que l'on se connaît bien désormais et on va régler nos problèmes en quelques jours.»

D'ailleurs, le couple doré à Greenwich s'est astreint à de longues séances de préparation pour être à la hauteur. «Nino a faim. Lorsqu'il voit un obstacle, il est pris d'une furie que j'arrive désormais à nouveau à canaliser.» Heureux présage pour un Guerdat qui ne ressent plus aucune douleur, ni au genou ni au dos. Et qui ne se sent pas le droit de viser autre chose que la victoire à Göteborg.

«L'an dernier, j'ai fini deuxième (ndlr: et troisième en 2007). Entre temps, je suis devenu champion olympique. Je ne vais pas cacher que je vais en Suède pour gagner!» Victoire nécessaire, presque obligatoire compte tenu de son statut, un changement de donne avec lequel le Jurassien a dû apprendre à composer.

Bilan pas si mauvais...

«On dit que mes résultats sont mauvais mais je suis presque toujours dans les points, dans le prize money, alors il faut relativiser. Je vois dans les journaux que l'on est devenu très exigeant avec moi mais cela ne me dérange pas. Cela ne change en rien mon mode de fonctionnement, ma vision ou mon programme. Je constate simplement que, de l'extérieur, le regard posé sur moi a changé.»

Contraint désormais de faire face à des sollicitations plus que nombreuses - «je le fais en plus, comme des heures sup', sans diminuer mon temps de travail avec les chevaux» -, Guerdat n'a peut-être pas brillé autant qu'il l'aurait souhaité après son titre olympique. Il nuance.

«J'ai remporté le plus gros Grand Prix qu'il était possible de remporter cette saison (ndlr: Rio), j'ai été no 1 mondial, mon plus mauvais classement est no 3, je me suis qualifié pour la finale de la Coupe du monde: sur le plan comptable ce n'est pas mal... C'est vrai qu'il m'a manqué quelques exploits, quelques grandes victoires. On attend plus de moi et j'aurais moi-même voulu plus. J'aurais préféré gagné plus d'épreuves, j'aurais préféré me qualifier plus vite pour la finale, cela m'aurait facilité la vie. Mais voilà, j'ai trop ménagé Nino et sans lui c'est bien évidemment plus dur.»

Schwizer avec deux chevaux

Seul autre Suisse engagé dans cette finale, Pius Schwizer espère lui aussi remporter la palme après deux podiums (deuxième à Genève en 2010 et troisième l'an dernier derrière Guerdat). Le Lucernois adoptera cependant une autre stratégie en changeant de cheval en cours de compétition, montant Verdi dans la chasse, Picsou du Chêne le vendredi et laissant encore ouvert son choix pour dimanche. «Il est temps pour nous de viser la première place», scande-t-il. Ils ne sont que deux cavaliers à croix blanche à s'être imposés dans l'épreuve, Markus Fuchs (Tinka's Boy) en 2001 et Beat Mändli (Ideo du Thot) en 2007.

Cette année, la finale du saut se déroulera en parallèle avec celle du dressage. Or, la Suisse y sera représentée pour la première fois depuis dix ans grâce à la qualification de la vétérinaire lucernoise Marcela Krinke Susmelj. Laquelle avait laissé filer son billet pour les Jeux de Londres d'un rien. (ats)

Ton opinion