Nucléaire en Suisse: Stockage des déchets: le peuple aura le dernier mot
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Nucléaire en SuisseStockage des déchets: le peuple aura le dernier mot

La Suisse a besoin de place pour ses déchets nucléaires, et la question est importante.

«Nous pouvons sortir du nucléaire quand nous voulons. Mais restera toujours l'éternelle question des déchets à régler», relève Jutta Lang, porte-parole de la société chargée du stockage des déchets radioactifs (Nagra).

Le total des résidus nucléaires, qui remplirait la halle de la gare de Zurich, est constitué de 90% de déchets faiblement à moyennement radioactifs, alors que 10% sont hautement radioactifs. Pour cette dernière catégorie, il faut compter 200'000 ans pour que la radioactivité baisse jusqu'au niveau de son état naturel. Pour les autres, environ 30'000 ans sont nécessaires.

La Nagra a terminé les études de planification en vue des dépôts de déchets nucléaires en couches géologiques profondes. Elle devrait vraisemblablement rendre son rapport à l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) vers la fin de l'année.

Six régions sont étudiées comme sites susceptibles d'accueillir un dépôt. Elles sont situées dans les cantons de Soleure, Argovie, Zurich, Thurgovie, Schaffhouse, Nidwald et Obwald. Deux au moins seront présélectionnées pour chaque catégorie de déchets.

L'OFEN publiera les rapports au début de 2015. Suivra une étude technique avant que tous les éléments soient soumis à une large consultation en 2016. Le Conseil fédéral décidera en 2017 quelles régions d'implantation seront prises en compte pour la suite.

Autorisations en 2027

Le choix définitif interviendra lorsque débutera la procédure d'autorisation générale exigée par la loi sur l'énergie nucléaire, une étape prévue pour l'heure en 2027. L'autorisation générale sera octroyée par le Conseil fédéral et devra être approuvée par le Parlement.

Aujourd'hui, les chercheurs considèrent comme adapté le stockage de déchets radioactifs dans une couche d'argile à opalinus. Cette formation minérale n'existe pas seulement dans les six régions présélectionnées, mais on la trouve aussi dans le Jura. C'est pourquoi la Nagra a ouvert un autre laboratoire souterrain dans la région de St-Ursanne (JU), géré conjointement par trois organisations: swisstopo, la Nagra et l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Selon la Nagra, les dépôts profonds destinés aux déchets faiblement et moyennement radioactifs pourront être utilisés au plus tôt en 2050. Jusqu'à récemment, elle avançait encore l'année 2035. Pour les déchets hautement radioactifs, il faudra attendre 2060.

Votation probable

Le chemin vers un site de stockage est donc encore long. Comme la décision du Conseil fédéral en 2027 sera soumise au référendum facultatif, le peuple pourrait bien être amené à se prononcer. Le processus ne sera ainsi pas seulement le seul fait de recherches scientifiques, mais sera aussi scellé par la volonté démocratique.

La Nagra en est bien consciente. D'où l'importance d'une information à un très large public, explique Jutta Lang, la porte-parole de la Nagra. Elle espère que la génération qui a produit les déchets sera en mesure de trouver une solution pour leur stockage et parviendra également à la mettre en oeuvre. (ats)

Les recherches de la Nagra au fond de la montagne

Comment stocker des déchets nucléaires de la manière la plus sûre possible pour un million d'années? La question turlupine les chercheurs du monde entier. En Suisse, la Nagra cherche une solution adaptée au pays. Depuis 30 ans, un laboratoire souterrain aménagé dans une galerie du Grimsel (BE) mène des travaux.

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