Suisse romande – Les réserves de sang sont à la limite de la rupture
Publié

Suisse romandeStocks de sang: «On est à la limite de la rupture»

La pandémie freine les dons. Juste suffisantes, les réserves demandent des efforts considérables pour être maintenues, selon les réseaux de soins.

par
David Ramseyer

«Depuis plusieurs mois, je reçois des messages plus fréquents pour m’inciter à donner mon sang», témoigne Lara, une Vaudoise inscrite de longue date aux collectes. Avec la pandémie, les dons se font en effet plus rares. En cause: une diminution conséquente des volumes recueillis hors milieu hospitalier (ils représentent habituellement le quart des dons); notamment au sein de sociétés privées où règne le télétravail. Les quarantaines, les malades et la crainte de se rendre à l’hôpital par peur d’être contaminé plombent aussi les collectes, selon les prestataires de soins romands.

Communes et samaritains au front

Ce mois-ci à Genève, trois entreprises ont ainsi annulé leur action en raison de la situation sanitaire, illustrent les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). C’est 150 donneurs en moins, «alors que l’approvisionnement est difficile à gérer, souligne la Dre Sophie Waldvogel, responsable de l’Unité d’hématologie transfusionnelle. Même si les stocks sont encore à niveau (Genève compte sur 18’000 poches de globules rouges par an), on doit décupler nos efforts pour les maintenir.» Certaines semaines ont été très compliquées, comme lors du premier confinement en 2020. Heureusement, souffle la spécialiste des HUG, les communes et les sociétés de samaritains répondent présentes pour effectuer des collectes, comme mercredi à Carouge (cf. vidéo).

Au-delà de la Versoix, même refrain: «Nous ne sommes pas encore dans une situation d’urgence comme à Berne, mais c’est limite», prévient Véronique Coppey-Uster, porte-parole de Transfusion interrégionale à la Croix-Rouge suisse, laquelle gère les dons du sang pour Vaud, le Valais et Berne. «On travaille en flux tendu depuis le début de la pandémie.»

Appel aux dons

Malgré les nombreux reports d’opérations dans les hôpitaux mobilisés par le coronavirus, la demande en sang ne baisse que très peu, constatent les réseaux de soins. «On se focalise sur les malades du Covid. Mais n’oublions pas les patients qui ont besoin de transfusions, comme les victimes d’accidents, les femmes qui accouchent, les greffés ou encore les cancéreux», liste Sophie Waldvogel.

La situation reste ainsi fragile. «Nous analysons la situation quotidiennement pour ne pas arriver à une rupture de stock, confirme Véronique Coppey-Uster. Remplir toutes nos collectes permettrait d’éviter une telle situation: alors prenez rendez-vous et donnez votre sang!»

Dons sous condition

L’ordonnance Covid de l’Office fédéral de la santé publique n’a pas interdit les dons du sang. Une constante depuis le début de la pandémie. D’ailleurs, la transmission du coronavirus par transfusion sanguine n’a jamais été démontrée. «Mais il y a un risque théorique qui nous oblige à appliquer le principe de précaution, relève Sophie Waldvogel. Nous demandons ainsi aux personnes qui ont contracté la maladie de ne donner leur sang qu’au plus tôt 28 jours après leur guérison.» Les donneurs en quarantaine ou qui présentent des symptômes ne sont pas acceptés.

Ton opinion

82 commentaires