Actualisé 13.02.2009 à 06:00

Fonds monétaire international

Strauss-Kahn met en garde contre un retour du protectionnisme

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a mis en garde jeudi contre un retour en catimini du protectionnisme, notamment dans le secteur bancaire.

«Le protectionnisme peut revenir par la porte de derrière, en particulier dans le secteur bancaire», a relevé M. Strauss-Kahn, en soulignant ne pas croire au retour de manifestations plus traditionnelles de cette pratique, comme l'imposition de droits de douanes élevés sur les produits importés.Mais dans le secteur financier, «quand les gouvernements fournissent des ressources nouvelles ou recapitalisent des banques, ils peuvent ajouter un commentaire disant que cet argent doit rester à la maison», a souligné M. Strauss-Kahn, dans un communiqué diffusé par ses services.«Ou bien, vous pouvez avoir dans différents plans de relance des commentaires ou amendements disant que cet argent devrait aussi être utilisé pour acheter des produits nationaux et d'autres choses de ce type. Cette sorte de protectionnisme peut revenir», a ajouté l'ancien ministre français socialiste.La France a été particulièrement critiquée ces derniers jours sur la scène européenne pour avoir apporté une aide financière à ses constructeurs automobiles, en échange de la promesse que ceux-ci ne délocaliseraient pas.M. Strauss-Kahn participe ce week-end à Rome à une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du Groupe des Sept pays les plus industrialisés (G7), où le thème du protectionnisme sera abordé.Il a souligné que face à une crise mondiale, il n'y avait pas de solutions nationales: «nous devons trouver un réponse globale», a-t-il dit.Le patron du FMI a par ailleurs exhorté les pays développés à mettre en oeuvre les plans de relance qu'ils ont généralement annoncés.Les effets dévastateurs de la crise sur les économies réelles, «pour l'essentiel, sont encore à venir», a-t-il relevé. «2009 sera certainement une année plutôt mauvaise pour la croissance, pas seulement pour les économies avancées, mais aussi pour les économies en émergence», a-t-il noté.

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