Istanbul: Strauss-Kahn victime d'un lanceur de chaussures
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IstanbulStrauss-Kahn victime d'un lanceur de chaussures

Un jeune Turc qui a lancé une chaussure en direction de Dominique Strauss-Kahn et des manifestants dans la rue ont volé la vedette jeudi aux responsables financiers réunis à Istanbul pour préparer la réunion du FMI et de la Banque mondiale des 6 et 7 octobre.

L'incident de la chaussure, qui n'a pas atteint le directeur-général du Fonds monétaire international (FMI), s'est produit en fin de matinée dans un amphithéâtre de l'Université Bilgi d'Istanbul, où étaient réunis environ 200 étudiants.

Après avoir longtemps filé la métaphore selon laquelle le Fonds est un médecin auprès de pays malades ou affaiblis par l'environnement économique, M. Strauss-Kahn, en bras de chemise, a répondu aux questions des étudiants.

C'est à la fin de ce débat, alors qu'il s'apprêtait à quitter la salle avec son épouse, assise au premier rang de l'assistance, qu'un jeune homme barbu s'est élancé dans l'allée centrale en vociférant «FMI, va-t-en de Turquie!».

Il a lancé une chaussure de sport qui a terminé sa course à environ un mètre du chef du FMI.

Le lanceur a été rapidement maîtrisé par des agents de sécurité qui l'ont fait sortir de l'amphi.

Une dizaine de camarades du jeune homme, dont des membres du Parti communiste turc (TKP), ont quant à eux essayé, en vain, de déployer une banderole dans l'amphitéâtre, dénonçant une collusion entre le «FMI voleur» et le gouvernement islamo-conservateur turc.

Le lanceur a été identifié comme étant Selçuk Özbek, éditeur au service politique du journal de gauche Birgün.

Un responsable de cette publication qui tire à moins de 10.000 exemplaires a indiqué dans l'après-midi que le jeune homme avait été libéré par la police et qu'aucune poursuite n'avait été engagée contre lui, mais que la police lui avait infligé une amende.

A sa sortie de garde-à-vue, le lanceur a affirmé s'être inspiré du journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi, qui, en 2008 à Bagdad, avait lancé ses chaussures en direction du président américain George W. Bush.

«Nous avons ressenti le besoin de protester contre les méfaits du capitalisme et de l'impérialisme», a-t-il déclaré à la chaîne de télévision NTV, avant d'appeler les «jeunes anti-impérialistes» à mener des actions semblables contre «les symboles mondiaux du capitalisme».

Ankara négocie actuellement un nouveau prêt du Fonds pour remplacer celui accordé en 2005, qui avait permis au pays d'éviter l'effondrement financier.

M. Strauss-Kahn s'est réjoui après l'incident du fait que le lanceur de chaussure ait «attendu la fin» du débat pour l'interrompre. Il a fait savoir qu'il n'avait pas porté plainte contre cet homme.

M. Strauss-Kahn, qui est à Istanbul pour assister aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, les 6 et 7 octobre, s'est en outre félicité d'avoir eu une «bonne conversation» avec les étudiants.

Au moment de l'incident à l'université, une première manifestation était organisée dans les rues d'Istanbul contre le FMI et la Banque mondiale.

Répondant à un appel de syndicats et de partis de gauche, un millier de manifestants se sont rassemblés derrière une bannière barrée du slogan «C'est l'homme qui compte, pas les profits - FMI et BM allez-vous-en».

Quelque 10.000 policiers et 1.600 vigiles sont mobilisés pour assurer la protection des congressistes, et plusieurs manifestations sont prévues les jours prochains, à l'appel notamment de l'organisation altermondialiste Resist'anbul. (afp)

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