Actualisé 27.07.2012 à 18:39

France - Congo

Strauss-Kahn visé par une enquête

Une enquête a été ouverte par la justice française sur Dominique Strauss-Kahn dans le cadre de ses fonctions en tant que directeur du FMI.

Cette nouvelle enquête porte sur des soupçons de malversations autour de l'annulation de la dette du Congo en 2010, au détriment d'un entrepreneur de Cannes (sud).

La procédure a été ouverte le 25 mai pour «faux et usage de faux» et «falsification de certificats», a précisé une source judiciaire vendredi à l'AFP, sans en dire davantage sur ce qui pourrait éventuellement être reproché à M. Strauss-Kahn.

L'entrepreneur se bat depuis 25 ans pour recouvrer des millions d'euros après avoir été «spolié» d'une entreprise au Congo. Il avait déposé plainte le 21 octobre 2011 auprès du parquet de Paris, qui s'est dessaisi du dossier le 6 décembre au profit de celui de Grasse (sud). La police l'a entendu le 11 juillet.

L'affaire touche aux conditions dans lesquelles la dette du Congo a été effacée en 2010 à l'occasion de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

Documents falsifiés au FMI?

Une des conditions de cet effacement était que l'Etat africain règle, au préalable, des dettes commerciales privées, dont celle du plaignant. Or, selon lui, des documents falsifiés au FMI auraient conduit à ce que sa créance passe à la trappe.

Selon une source proche du dossier, «on soupçonne une complaisance à l'égard du pouvoir congolais. Il y a des anomalies pour lesquelles il n'y a jamais eu d'explication fournie».

«A partir de là, toutes les hypothèses sont ouvertes. Mais le dossier pose un problème d'imputabilité. Le directeur du FMI a une immunité qui ne couvre pas tous les agents et décideurs de l'institution», a encore indiqué cette même source. Interrogé par l'AFP, le FMI a répondu qu'il n'était pas au courant et allait consulter son service juridique.

Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, était en passe de devenir le principal candidat de gauche pour l'élection présidentielle française, lorsque des accusations d'agression sexuelle et de tentative de viol portées par une femme de chambre d'un hôtel de Manhattan ont conduit à son arrestation à New York le 14 mai 2011 et l'ont contraint à renoncer à sa candidature.

Les poursuites au pénal ont ensuite été abandonnées dans cette affaire, mais une procédure civile est toujours en cours. DSK est par ailleurs mis en examen (inculpé) par la justice française pour proxénétisme aggravé en bande organisée dans l'affaire dite de l'hôtel Carlton de Lille. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!