Montreux (VD): Subvention attribuée à une association nébuleuse
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Montreux (VD)Subvention attribuée à une association nébuleuse

Un organisme créé en 2012 par une élue communale a reçu 9000 francs du Canton. Ce montant a été en partie restitué.

par
Christian Humbert

Des associations d'entraide ou contre l'excision aux contours mal définis: tels ont été les projets d'une conseillère communale socialiste de Montreux. Si elle n'a pas reçu l'aide de 3000 francs sollicitée auprès de la commune en 2012, l'élue, démissionnaire depuis mercredi, a en revanche obtenu 9000 francs du Canton. C'est par son Bureau pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme que l'Etat a versé ce montant. Il a été en partie rendu depuis lors, faute de projets terminés.

Jacqueline Pellet, municipale socialiste, se souvient: «Cette personne avait fondé une première association en relation avec l'intégration et les échanges avec les étrangers. Ses contours sont devenus nébuleux. Nous n'avons reçu ni statuts ni comptes. Il n'y avait pas de projets concrets. Nous avons refusé toute aide, au contraire du Canton. Elle a par la suite créé une association pour dénoncer les mutilations faites aux femmes. La commune a offert le vin d'honneur lors d'un repas de collecte de dons et une exposition. Nous n'avons pas été sollicités pour un financement.»

Vérification faite, ce mouvement, présenté dans la seule langue anglaise sur le web, est inscrit nulle part, ni comme association ni comme fondation. Or, pour être reconnus, de tels organismes doivent avoir des statuts et des organes dirigeants et de contrôle.

Processus de contrôle pourtant rigoureux

Le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers (BCI) et ses dix collaborateurs distribuent-ils l'argent sans contrôle? Sa cheffe, Amina Benkais-Benbrahim, s'offusque du terme distribution et rappelle l'existence d'un processus de contrôle rigoureux. Le canton compte 32% d'étrangers, rappelle-t-elle. «Quelque 140 projets en rapport avec eux ont été examinés cette année. Pour ce qui concerne celui de Montreux remontant à 2012, nous avons appris après notre versement le refus communal d'entrer en matière, survenu bien plus tard. Nous avons obtenu le remboursement du montant non utilisé pour des réalisations concrètes. Cela a été réglé.»

Le BCI ne s'engage pas sans un long processus de contrôle avec, au final, la signature du Conseiller d'Etat Philippe Leuba. Tous les projets sont suivis de très près, de la mise en place à la concrétisation, le long de chaque étape. La Confédération finance la moitié de son budget.

Aucun enrichissement

Interpellée, l'ancienne élue assure qu'il s'agissait d'associations à but non lucratif. Elle n'a jamais perçu de salaire. Sa démission du conseil communal est officiellement due à sa santé défaillante et à ses absences répétées.

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