Suisse: Succès inattendu des petites banques
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SuisseSuccès inattendu des petites banques

Les banques avec une dizaine de salariés et un bilan de moins de 400 millions de francs peuvent afficher de très bons résultats.

Une femme marche à Zurich. (Archive)

Une femme marche à Zurich. (Archive)

Keystone

Les petits établissements bancaires sont souvent perçus comme désavantagés par leur taille et l'absence d'économies d'échelles. Selon une étude, les petites banques suisses ont pourtant davantage de succès qu'attendu.

Les banques avec une dizaine de salariés et une somme de bilan de moins de 400 millions de francs peuvent ainsi afficher de très bons résultats financiers, selon une étude publiée jeudi par la Haute école de Lucerne.

Celle-ci s'est penchée sur 91 banques de détail actives en Suisse, sans prendre en considération les grandes banques. Selon les auteurs de l'étude, un établissement performant se caractérise par une rentabilité élevée, une structure solide et une politique de risque correspondante.

Pour faire partie du «top», une banque doit également générer des recettes par différents piliers de revenus et financer dans une large mesure les prêts à la clientèle par les fonds de la clientèle. Elle doit par ailleurs avoir peu de créances douteuses, un capital propre solide et des liquidités suffisantes.

EEK en tête

L'étude a ainsi identifié les quinze banques les plus performantes en 2015. Comme l'année précédente, c'est la banque bernoise EEK qui tire le mieux son épingle du jeu.

Cet établissement, qui n'exploite qu'une seule agence et a une somme de bilan de 1,3 milliard de francs, se distingue par un très bon rapport entre charges et revenus («Cost-Income-Ratio») et une marge d'intérêts élevée. La banque dispose de beaucoup de capitaux propres, n'a que peu de créances douteuses, cela même si les prêts à la clientèle ont fortement augmenté.

L'Ersparniskasse Affoltern im Emmental prend la deuxième place. Suivent les Banques cantonales de Schwyz et des Grisons, ainsi que la Spar- und Leihkasse Wynigen. Au total, cinq banques cantonales ainsi que dix caisses d'épargne et banques régionales se classent dans les 15 meilleures banques.

L'étude relève que dix de ces quinze établissements emploient moins de 37 collaborateurs en équivalent plein temps. Ainsi, l'Ersparniskasse Affoltern im Emmental ne comptait que six employés et ne disposait d'une somme de bilan que de 247 millions de francs à fin 2015.

Toutefois, avec les banques cantonales de Vaud, de Thurgovie, des Grisons et de Schwyz - qui disposent de sommes de bilan comprises entre 16 et 43 milliards de francs - les banques de détail moyennes à grandes sont également représentées.

L'étude montre par ailleurs que la rentabilité des actifs («Return on Assets»), n'est que faiblement corrélée avec la somme de bilan. La situation est légèrement différente concernant le ratio entre revenus et dépenses, où les plus petites banques ont tendanciellement plus de difficultés à atteindre des valeurs faibles.

Marges d'intérêts plus grandes

Les plus petites banques peuvent en revanche davantage se distinguer en matière de marge d'intérêts, où elles parviennent à atteindre selon l'étude des valeurs extrêmement élevées. L'Ersparniskasse Affoltern im Emmental a par exemple atteint un niveau élevé de 1,52%.

L'étude souligne qu'en général, le fort ancrage local de ces banques, ainsi qu'une concurrence moins intense dans les zones rurales, leur permettent d'atteindre des marges plus élevées.

Ces très petites banques dépassent également souvent la réglementation en matière de fonds propres. Selon les auteurs de l'étude, les banques cantonales vaudoise (9e place) et grisonne (4e place) aussi peuvent marquer des points grâce à la diversité de leurs revenus. La banque cantonale de Thurgovie a montré qu'elle pouvait se classer assez devant (14e rang) grâce à des chiffres constamment bons.

Il faut toutefois considérer que le classement ne prend en compte qu'une année. Selon les auteurs, les petites banques devront confirmer leurs résultats dans les années à venir. De plus, les marges d'intérêt élevées des petites banques devraient être plus fortement mises sous pression à l'avenir. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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