Actualisé 24.03.2015 à 16:04

Franc fort

Sueurs froides en vue pour l'exportation suisse

Le franc a connu un nouvel accès d'appréciation mardi, sur fond de nouvelles incertitudes entourant la Grèce. De quoi inquiéter l'industrie d'exportation helvétique.

L'euro et le dollar ont cédé un centime et demi chacun environ pour valoir respectivement moins de 1,05 franc et moins de 96 centimes. Le phénomène était certes perceptible depuis quelques jours déjà. Ainsi, le cours de la monnaie unique européenne est repassé sous 1,06 franc, «bien loin» de la barre de 1,08 franc atteinte il y a un mois maintenant, pour se situer à son plus bas niveau depuis plus de six semaines.

Mardi, l'euro a connu un plus bas du jour à 1,0423 franc, mais bien loin de son plus bas historique à moins de 98 centimes dans les heures qui ont suivi l'annonce de l'abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse (BNS) le 15 janvier dernier. Vers 16h45, la monnaie unique s'échangeait contre 1,0444 franc.

Valeur refuge

Selon certains observateurs, le cap de 1,05 franc constitue un seuil psychologique important. Si l'on devait tendre vers une parité entre l'euro et la devise helvétique, la BNS pourrait juger judicieux d'intervenir pour dissuader les investisseurs d'utiliser le franc comme valeur refuge.

Selon un commentaire de la banque en ligne vaudoise Swissquote, «la BNS dispose encore d'une marge de manoeuvre pour diminuer les taux». Il y a deux mois, la banque centrale avait introduit des taux négatifs, les renforçant même par rapport à l'annonce initiale effectuée en décembre dernier.

Pour sa part, le dollar a reculé à un plus bas niveau du jour à 95,37 centimes, avant de remonter en fin d'après-midi vers 95,8 centimes vers 16h45. En une douzaine de jours, le billet vert a ainsi décroché de cinq centimes environ, bien loin ici aussi de son cours du 15 janvier (moins de 85 centimes).

Toujours le cas grec

L'appréciation du franc s'inscrit une nouvelle fois dans un contexte d'incertitudes macroéconomiques internationales, notamment avec la situation de la Grèce dans la zone euro. Selon certaines sources, Athènes pourrait se trouver à court d'argent le 20 avril, au moment où son gouvernement négocie.

La Grèce a recours à des emprunts auprès d'organismes publics pour éviter la faillite, mais ne pourra tenir que quelques semaines sans aide extérieure, a fait savoir une source rapportée par l'agence Reuters.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras a promis de présenter d'ici à lundi au groupe des ministres des finances de la zone euro une liste détaillée de réformes structurelles, conformément à l'accord conclu le 20 février à Bruxelles sur la prolongation de quatre mois de l'aide internationale. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!