Actualisé 03.02.2017 à 20:36

FranceSuicide d'une ado: l'Etat en partie responsable

Quatre ans après le suicide par pendaison de Marion Fraisse, 13 ans, victime de harcèlement dans son collège, la justice administrative a reconnu l'État partiellement responsable.

Nora Fraisse, la mère de Marion. (photo: AFP)

Nora Fraisse, la mère de Marion. (photo: AFP)

L'État français est tenu pour responsable de n'avoir pas détecté ni empêché le harcèlement de Marion Fraisse, 13 ans, par certains de ses camarades de classe, considère le tribunal administratif de Versailles, dans un jugement du 26 janvier. Il lui est également reproché de n'avoir pas entendu les multiples appels à l'aide lancés par sa mère auprès du personnel enseignant et de la direction du collège Jean-Monnet de Briis-sous-Forges (dans l'Essonne).

Le tribunal considère notamment que «l'absence de réaction appropriée à des événements et des échanges hostiles entre élèves qui se déroulaient pour partie sur les lieux et pendant les temps scolaires, caractérise un défaut d'organisation du service public de l'enseignement de nature à engager la responsabilité de l'administration». Le tribunal souligne cependant qu'une grande partie des menaces et insultes proférées à l'égard de l'adolescente a transité par moyens électroniques, notamment sur Facebook et donc échappé au contrôle du personnel éducatif, atténuant ainsi la part de responsabilité de l'administration. L'État a en conséquence été condamné à verser 18'000 euros de dommages et intérêts à la famille de l'adolescente.

Marion avait mis fin à ses jours chez elle le 13 février 2013. Dans une lettre aux élèves de sa classe, elle disait être victime d'insultes et de menaces et ne plus pouvoir le supporter. Les investigations diligentées ont confirmé «des infractions pénales imputables» notamment au principal du collège et à des membres de son équipe d'encadrement, selon l'avocat de la famille, Me David Père, interrogé en mars 2016. D'après Me Père, «le collège souffrait d'une véritable désorganisation, au sein de laquelle plusieurs élèves faisaient l'objet de comportements violents en toute impunité». «Les obligations incombant aux personnels de l'Éducation nationale notamment en matière de prévention et de sécurité des élèves n'ont pu être respectées», avait-il déploré.

Le témoignage de sa mère en 2015

(20 minutes/afp)

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!