Vaccination Covid - Suisse «à la traîne» pour certains, trop égoïste pour d’autres
Publié

Vaccination CovidSuisse «à la traîne» pour certains, trop égoïste pour d’autres

Des médias et des politiciens s’inquiètent de voir le rythme de vaccination ralentir en Suisse. Pour l’OMS au contraire, il vaudrait mieux partager les doses avec les pays pauvres.

Malgré les efforts des autorités, la population se fait de moins en moins nombreuse dans les centres de vaccination.

Malgré les efforts des autorités, la population se fait de moins en moins nombreuse dans les centres de vaccination.

20min/Samantha Medley

Pas assez pour les uns, trop pour les autres: ces derniers jours, le rythme de vaccination de la Suisse ne satisfait personne. La Suisse est «de plus en plus à la traîne», titrait mardi la RTS. Un «taux de personnes vaccinées qui stagne dangereusement», estimait pour sa part «Le Temps» mercredi soir. Les deux médias font le même constat: la part de la population vaccinée en Suisse est inférieure à tous nos pays voisins et à quasi tous ceux d’Europe de l’Ouest (voir graphique ci-dessous).

Quelques points derrière

Les taux en eux-mêmes ne montrent pas des différences très flagrantes, pourtant. La part de la population en Suisse qui a reçu au moins une dose était de 53,37% le 26 juillet. L’Autriche (58,28%), l’Allemagne (60,57%), l’Italie (62,13%), l’Espagne (66,30%) et surtout le Danemark (71,19%) sont au-dessus.

OurWorldInData

Mais ce qui semble inquiéter, c’est le rythme actuel. La progression du taux, en Suisse, est lente, alors que d’autres pays voient leur rythme ne pas se tasser. L’écart va donc augmenter. En termes de vaccination, le nouveau champion dans la «course» est le Canada, dont la campagne a démarré plus tard, mais très fort, sans signe de ralentissement.

«First world problems»

Pour le patron de l’OMS, Tedros Ghebreyesus, à l’inverse, l’accaparation des doses par les pays riches est un «scandale moral». La plupart des pays pauvres doivent probablement aussi être de son avis: voir des personnes dénoncer la «lenteur» de la vaccination en Suisse et s’inquiéter d’être à quelques points de pourcentage de moins que le reste de l’Europe quand eux-mêmes n’ont même pas encore pu offrir des doses à toute leur population vulnérable doit avoir des allures cyniques.

Pour Tedros Ghebreyesus, le nombre de doses inoculées au niveau mondial aurait suffi à vacciner, sur le globe entier, tous les aînés et tout le personnel soignant. Dès lors, privilégier la vaccination des 12-16 ans dans les pays riches plutôt que de partager les doses avec les pays qui en cherchent est une mauvaise décision, selon lui.

(ywe)

Ton opinion

510 commentaires