Actualisé 23.02.2015 à 14:05

Zurich

Suisse Tourisme s'active contre le franc fort

L'organisme veut remédier aux effets négatifs de la récente appréciation du franc en engageant une campagne promotionnelle.

L'offensive doit prioritairement viser les clients indigènes, a fait savoir lundi à Zurich l'organisme dans le cadre de sa conférence de presse annuelle.

La campagne devrait coûter quelque 3,9 millions de francs, a indiqué Jürg Schmid, directeur de Suisse Tourisme. Elle est appelée à stabiliser l'important marché interne et pourra compter cet été sur l'appui du conseiller fédéral en charge de l'économie Johann Schneider-Ammann.

Le financement de cette campagne est assuré par Suisse Tourisme, la branche et des partenaires nationaux. Il n'y aura pas de demande de fonds auprès de la Confédération. Suisse Tourisme espère ainsi atténuer «la crise» en générant plus de 410'000 nuitées supplémentaires.

Etats baltes et Balkans

Suisse Tourisme veut également renforcer la publicité à destination des marchés européens, particulièrement sensibles à l'évolution des prix. L'organisation cible notamment les pays nordiques. Les clients fortunés des Etats baltes et des Balkans ainsi que la Turquie sont également visés.

En ce qui concerne les marchés américain, chinois, indien et du sud-est asiatique en général, les mesures promotionnelles déjà prévues seront poursuivies.

Les effets du franc fort seront perceptibles cet été déjà. L'hiver 2015/2016 sera touché «massivement». Suisse Tourisme demande donc un coup de pouce financier supplémentaire à la Confédération pour la période 2016-2019. Suisse Tourisme souhaite recevoir 270 millions de francs. Le Conseil fédéral propose 220,5 millions dans son message.

Alléger les intérêts

La Fédération suisse du tourisme (FST) prend des mesures pour atténuer les effets du franc fort, a annoncé son président Dominique de Buman. Le secteur du tourisme a été très heureux que la BNS garantisse un taux plancher. Mais il savait aussi que ça ne pouvait pas durer éternellement, a souligné M. de Buman.

La FST et la Société suisse de crédit hôtelier (SCH) veulent notamment trouver un moyen pour alléger les intérêts sur les prêts et reporter de 5 ans les amortissements dans l'hôtellerie.

La FST (GastroSuisse, hotelleriesuisse, Parahôtellerie Suisse, CRD et Remontées mécaniques suisses) souhaite aussi l'application du principe du «Cassis de Dijon» et la possibilité d'effectuer des importations parallèles. Elle espère ainsi une réduction des coûts pour les entreprises actives dans le secteur touristique.

Autoriser le chômage partiel

Le conseiller national fribourgeois de Buman souhaite également une adaptation de la loi sur l'assurance-chômage aux besoins du tourisme. Il s'agit essentiellement d'autoriser le chômage partiel, même pour les contrats de longue durée.

La FST demande une mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration de l'UDC qui soit «la plus libérale et favorable possible pour l'économie». Elle s'oppose au contingentement des autorisations de séjour de courte durée.

Le tourisme, c'est 4% du produit intérieur brut (PIB) et 175'000 emplois, a rappelé Jürg Schmid. Les touristes étrangers ont dépensé 15 milliards de francs en 2012. Le tourisme «est ainsi un des principaux secteurs d'exportation de la Suisse», estime le directeur de Suisse Tourisme. (ats)

Nombre de nuitées en hausse

Le nombre de nuitées enregistrées l'année dernière dans l'hôtellerie en Suisse a atteint 35,9 millions, selon les données publiées lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Elles s'inscrivent en hausse de 0,9% ou près de 310'000 par rapport à 2013.

La demande suisse a légèrement dépassé les 16 millions de nuitées, ce qui n'était plus arrivé depuis le début des années 1990, relève l'OFS. En chiffre absolus, elle a crû de 137'000 nuitées ou 0,9%. Les visiteurs étrangers ont affiché 19,9 millions de nuitées, en hausse également de 0,9% ou 173'000 unités.

Globalement, la demande est restée stable sur la première moitié de l'année, mais s'est renforcée au 2e trimestre. Au seul mois de décembre, le nombre de nuitées total a crû de 4,5% ou 111'000 à un peu plus de 2,6 millions.

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