24.07.2020 à 16:33

Winterthour

Sulzer tente de tenir le cap et coupe dans ses effectifs

Le premier semestre du groupe industriel Sulzer a enregistré des résultats en nette baisse, mais rien n’est perdu. Un retour d’une bonne rentabilité est prévu pour 2021.

Selon Grégoire Poux-Guillaume, l’activité dans le secteur des hydrocarbures risque de se montrer souffreteuse au cours des 18 prochains mois.

Selon Grégoire Poux-Guillaume, l’activité dans le secteur des hydrocarbures risque de se montrer souffreteuse au cours des 18 prochains mois.

Keystone

Le groupe industriel Sulzer a bouclé le premier semestre sur des résultats en baisse marquée, mais dans l’ensemble supérieurs aux attentes. Le retour de la rentabilité opérationnelle à son niveau d’avant la crise est prévu pour 2021, mais cela se fera au prix d’économies qui toucheront des places de travail en Suisse.

Chiffre d’affaires en déclin

Les entrées de commandes entre janvier et juin se sont contractées de 4,8% en rythme annuel à 1,84 milliard de francs. Au 30 juin, le carnet d’ordres s’inscrivait à près de 1,95 milliard, soit 8,6% de mieux qu’au bouclement de 2019, et ce «en dépit des perturbations sans précédent du marché causées par la pandémie».

Le chiffre d’affaires s’est quant à lui étiolé de 9,9% à 1,60 milliard, en raison des mesures de confinement et de ruptures dans la chaîne d’approvisionnement, a précisé le conglomérat winterthourois vendredi dans un communiqué.

Le résultat opérationnel (Ebita) a chuté de plus d’un quart (-25,6%) à 120,2 millions de francs, pour une marge afférente de 7,5%, en recul de 160 points de base (pb). Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a fondu de 76,3% à 15,4 millions. «Nous avons une fois de plus démontré notre résilience, qui repose sur notre présence mondiale et sur un mélange équilibré d’activités de début et de fin de cycle», s’est félicité le directeur général Grégoire Poux-Guillaume, cité dans le communiqué.

Un redressement en vue

La copie rendue par Sulzer est supérieure à la moyenne des prévisions des analystes consultés par AWP à tous les niveaux, le bénéfice net dépassant même les expectatives les moins pessimistes. Au vu de la reprise observée, la direction s’attend à voir la rentabilité opérationnelle se redresser au deuxième semestre et table sur une marge Ebita de 8,5-9,0% pour l’ensemble de l’exercice, et un retour au niveau d’avant la pandémie en 2021.

Le redressement visé ne se passera cependant pas sans heurts pour le personnel basé en Suisse. Jeudi soir, le groupe avait confirmé une information du syndicat Unia concernant la suppression de 55 postes dans la division Chemtech sur les sites de Winterthour, Oberwinterthur et Allschwil.

Le programme de restructuration devrait engendrer des coûts uniques de 80 millions de francs, dont 53 millions ont été comptabilisés au premier semestre, a précisé Sulzer dans son communiqué.

A terme, l’entreprise espère réaliser des économies structurelles de 70 millions de francs dans le secteur énergétique. En 2021, celles-ci devraient déjà se monter à 50 millions.

«Il ne s’agit pas de 55 licenciements»

«Nous ne pouvons fournir de détail sur les suppressions de postes prévues, car nous sommes encore en pourparlers avec les partenaires sociaux dans plusieurs pays», a expliqué Grégoire Poux-Guillaume en téléconférence. Il n’a pas non plus souhaité préciser combien de sites seraient fermés et dans quels pays.

Revenant sur les coupes en Suisse, il a insisté sur le fait que si 55 postes allaient bel et bien être supprimés, cela ne signifiait pas 55 licenciements, laissant entendre que certains collaborateurs touchés se verraient offrir une nouvelle position au sein du groupe, en Suisse ou en Europe.

À propos de la performance du groupe, il a souligné la bonne tenue des activités après-vente (pièces de rechange), qui ont connu une croissance organique et représentent désormais environ 45% des recettes du groupe.

Modèle salvateur d’affaires diversifiées

Selon Grégoire Poux-Guillaume, l’activité dans le secteur des hydrocarbures risque de se montrer souffreteuse au cours des 18 prochains mois. Le patron de Sulzer a néanmoins souligné que l’exposition de l’entreprise à ces marchés n’était que de 30% environ.

Il n’a pas souhaité articuler d’objectif chiffré en termes de ventes, mais a rappelé que le chiffre d’affaires du deuxième semestre était généralement 10% supérieur à celui du premier. «Cela devrait être semblable cette année», a-t-il assuré.

Sulzer est parvenu – pour le moment, du moins – à limiter l’impact de la pandémie grâce à son modèle d’affaires diversifié, les mesures immédiates prises pour juguler les coûts et un carnet de commandes bien garni, relève Baader Helvea dans une note.

Performance reconnue

Même son de cloche de Vontobel, qui souligne la performance solide en termes de génération de liquidités, en dépit des conditions difficiles. Les deux établissements confirment leur recommandation d’achat du titre.

Les investisseurs ne se sont pas fait prier et la nominative Sulzer a terminé la journée en hausse de 0,7% à 78,30 francs, faisant nettement mieux que son indice SPI de référence (-1,69%).

(ATS/NXP)

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