Technologie en Crise: Sulzer va supprimer 1400 emplois
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Technologie en CriseSulzer va supprimer 1400 emplois

Sulzer ne voit pas sa situation s'améliorer. Contraint de comprimer ses coûts, le groupe industriel zurichois va supprimer environ 1400 postes dans le monde, soit 11% de ses effectifs par rapport à fin 2008.

L'environnement s'est dégradé ces derniers mois dans tous les secteurs d'activité et aucune amélioration rapide n'est en vue, a expliqué mercredi le patron du groupe, Ton Büchner, en conférence téléphonique. «Nous devons adapter nos capacités et nos structures de coûts aux nouvelles conditions du marché», a-t-il déclaré.

Les suppressions d'emplois toucheront essentiellement l'Europe et le continent américain. Sulzer comptait à la fin de l'an passé 12 726 emplois en équivalents à temps plein.

Suisse moins touchée

La Suisse, qui affichait pour sa part 1336 emplois (temps pleins) à fin 2008, sera toutefois moins affectée que la moyenne, a indiqué une porte-parole à l'ATS, sans vouloir fournir de précisions chiffrées. Les détails seront communiqués lors des résultats semestriels en août.

Sulzer entend limiter au maximum les licenciements, en recourant aux fluctuations naturelles et aux retraites anticipées ainsi qu'en réduisant le nombre des contrats de sous-traitants. Depuis le début de l'année, le groupe a aussi déjà recouru au chômage partiel sur dans plusieurs pays, dont en Suisse.

Le groupe table ainsi sur des économies annuelles de quelque 110 millions de francs à partir du premier semestre 2011. Les charges exceptionnelles liées à ces suppressions s'élèvent à environ 55 millions de francs et pèseront avant tout sur les comptes de 2009.

Toutes les divisions seront touchées par les mesures de réduction de coûts, mais leur ampleur et le calendrier de leur application dépendra de la situation. Le programme de réduction des coûts sera mis en oeuvre étape par étape et ne sera terminé qu'en 2011, a indiqué Ton Büchner.

Sulzer Metco (revêtement et traitement de surfaces) et Sulzer Chemtech (équipements pour l'industrie chimique) seront les plus affectées en 2009, alors que Sulzer Turbo Services (services pour les turbines) sera moins touchée. La division principale du groupe Sulzer Pumps affiche encore un carnet de commandes étoffé sur de nombreux sites et ne devra adapter ses capacités qu'ultérieurement.

Prévisions maintenues

Le groupe maintient néanmoins ses prévisions de février, a affirmé Ton Büchner. Pour 2009, Sulzer table sur une baisse du chiffre d'affaires de 5 à 8% et sur un tassement de la marge opérationnelle d'environ 10%. Ces prévisions valent aussi pour les deux à trois prochains exercices.

Sulzer a ressenti la récession avec décalage par rapport à d'autres industries, mais la reprise risque elle aussi d'intervenir plus tard. Le groupe ne profite que peu des programmes publics mondiaux d'aides à la conjoncture, a encore expliqué M. Büchner. Ces programmes gouvernementaux bénéficient surtout à l'industrie de la construction et moins aux domaines du pétrole, du gaz et de l'énergie, dans lesquels Sulzer est actif.

Ton Büchner a également ajouté que ces mesures de restructuration n'ont pas été prises sous la pression du conseil d'administration, dominé par l'oligarque russe Victor Vekselberg et dont la société Renova détient un peu moins du tiers du capital de Sulzer.

(ats)

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