Actualisé 06.12.2006 à 23:24

Supprimer la signalisation rend le trafic urbain plus sûr

L'absence de feux et de panneaux a fait chuter le nombre d'accidents. D'autres villes sont
intéressées par ce projet
pilote. Mais pas en Suisse.

Trop de signalisation tue la signalisation. Fortes de ce constat, les autorités d'une petite ville située à 140 km au sud d'Amsterdam se sont engagées à rendre la mobilité urbaine plus sociable. Comment? En supprimant la plupart des feux, lignes et panneaux de signalisation.

«Désormais, les conducteurs ne savent jamais ce qui les attend sur la route. Ils doivent donc redoubler de vigilance. Et impérativement établir un contact visuel avec les autres usager», explique Henry Frieswyk, un responsable du bureau de communication de la mairie. Si les routes de l'agglomération de 45 000 habitants sont toujours aussi encombrées, les chiffres indiquent qu'elles sont devenues plus sûres.

«De 1994 à 2002, la principale place du centre-ville a été marquée par 81 accidents. Un chiffre réduit à deux incidents mineurs en 2004-2005.» Autre avantage d'une campagne qui marque la fin de pas mal d'idées reçues, son coût relativement limité.

«Redessiner les croisements, supprimer les panneaux, changer les revêtements et repenser les codes de conduite nous a coûté environ 1,8 million d'euros (2,88 millions de francs). D'autres villes d'Allemagne, d'Angleterre et de Suède suivent avec attention cette opération lancée sur petite échelle en 2000. Et aujourd'hui étendue à d'autres villes du pays.»

«Je ne pense pas qu'on verra une telle situation de sitôt chez nous», nuance, d'emblée, Franz Gerber. Pour le chef de la division du trafic vaudois, l'opération batave reste isolée. En plus des contraintes légales, il pense que la Suisse n'est pas encore prête à faire évoluer si drastiquement les mentalités. «Notre effort se porte prioritairement sur la simplification de la signalisation. Pour le reste, on va attendre. Comme toujours!»

Giancarlo Marian

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