Genève/Vaud: Sur le point d’être renvoyés, ils arrêtent de boire et manger
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Genève/VaudSur le point d’être renvoyés, ils arrêtent de boire et manger

Cinq requérants d’asile éthiopiens vont quitter Genève dans un vol spécial mercredi. Détenus dans la prison Frambois, à Genève, deux d’entre eux ont débuté une grève de la faim et de la soif.

par
Leïla Hussein
Les deux Ethiopiens grévistes de la faim sont retenus dans un centre de rétention administrative (image prétexte).

Les deux Ethiopiens grévistes de la faim sont retenus dans un centre de rétention administrative (image prétexte).

imago images/Hans Lucas

Un avion au départ de Genève et à destination d’Addis Abeba va quitter la Suisse mercredi, d’après plusieurs associations actives dans le domaine de l’asile. A bord: cinq requérants d’asile éthiopiens, dont deux sont détenus à la prison genevoise de Frambois. Ces derniers ont entamé une grève de la faim et de la soif, a révélé mardi «Le Courrier». Lundi après-midi, plusieurs militants pour l’asile étaient rassemblés devant Frambois pour manifester contre ce renvoi en Éthiopie, où la situation s’est fortement dégradée ces derniers mois. En fin de journée, la police a dispersé les défenseurs mobilisés.

Arrêté en septembre dernier dans le foyer de l’Hospice général, à Anières, Tahir Tilmo a arrêté de s’alimenter et de s’hydrater depuis samedi, selon Julie Franck, une amie rencontrée via les cafés solidaires organisés par des étudiants de l’Université de Genève (UNIGE). Cette dernière, maître d’enseignement et de recherche à l’UNIGE a pu parler au trentenaire mardi et s’inquiète de son état de santé. «Il est très affaibli et a déjà perdu plus de sept kilos», confie celle qui garde tout de même un dernier espoir. L’avocate de Tahir a déposé cet après-midi une requête auprès du Comité contre la torture du Haut Commissariat des droits de l’homme à l’ONU. Elle a demandé au Canton de Genève, au Secrétariat d’État aux migrations et à l’Office cantonal de la population et des migrations de suspendre son renvoi, le temps que le Comité contre la torture statue sur son cas.» Julie Franck conclut en faisant part de son incompréhension face à la décision de renvoi qui frappe son ami: «Tahir est quelqu’un d’exemplaire. C’est un modèle d’intégration».

Solomon Arkisso est également détenu à Frambois. Lui a été interpellé il y a une semaine, alors qu’il allait faire renouveler son aide d’urgence auprès du Service de la population, à Lausanne. Le quadragénaire, qui vivait dans le canton de Vaud depuis sept ans, a aussi débuté une grève. Contacté, le Département genevois de la sécurité, de l’emploi et de la santé aux mains de Mauro Poggia, indique «ne pas commenter les cas particuliers».

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