Combat libre: «Sur le ring, c'est un moment de vérité»
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Combat libre«Sur le ring, c'est un moment de vérité»

13 000 personnes ont assisté le week-end dernier à l 'Ultimate fighting, à Cologne, un sport de combat où -presque- tous les coups sont permis. Interview du Genevois Carl Emery, ancien champion du monde de kickboxing qui pratique lui-même le combat libre.

par
Catherine Muller

20minutes online. Carl Emery, certaines images des combats de Cologne montrent des visages ensanglantés. Il s'agit d'une discipline particulièrement violente...

Carl Emery: Etant donné que j'organise depuis plusieurs années de tels combats à Genève, il s'agit pour moi d'un sport à part entière, qui a des règles bien définies. De plus, il faut savoir que dans la Grèce antique, on pratiquait déjà des combats à mains nues avec un minimum de règles. Il n'y a donc rien de nouveau.

Il y a quand même de nombreuses voix qui s'élèvent contre ce genre de combats.

En effet. A Cologne, ils ont tenté, en vain, d'interdire l'événement. Aux Etats-Unis, il faut savoir que seuls trois ou quatre Etats autorisent ces combats. En France, ils sont purement et simplement interdits. En Suisse, il n'y a pas de loi qui les interdisent.

Comment expliquer qu'en Suisse ils soient permis et pas en France, pays pourtant voisin?

En Suisse, on fait ce qu'on veut! Il n'y a absolument aucune ingérence de l'Etat. En France, le Ministère des sports a interdit le combat libre car celui-ci permet de frapper son adversaire lorsqu'il est au sol.

Il fait donc bon, dans votre cas, être suisse...

Bien sûr! Mais il existe du positif comme du négatif dans les deux cas. Lorsque le système est réglementé, ça empêche que n'importe quoi puisse être fait, et c'est aussi une bonne chose.

Quel avenir prédisez-vous pour le combat libre? Ses détracteurs seront-ils toujours aussi nombreux?

Je pense que désormais le train est lancé, et qu'on ne pourra pas arrêter le phénomène. On peut comparer à ce qui s'est passé lorsque le kickboxing est apparu, par rapport au karaté traditionnel, c'était le grand choc, tout le monde le fustigeait. Il a fallu du temps pour qu'il soit finalement accepté comme une discipline à part entière.

Comme on l'a vu à Cologne le week-end dernier, où les combats ont fait salle comble, le public se montre friand de ce genre d'événements.

C'est un phénomène que l'on constate au niveau mondial. Aux Etats-Unis, par exemple, seul le Superbowl fait plus d'audience sur les chaînes pay-per-view. Au Japon, c'est le même phénomène. J'ai assisté à des combats à Tokyo suivis par 60 000 personnes. C'était gigantesque!

En Suisse, plus particulièrement au sein de votre club à Genève (Yamabushi), les jeunes sont-ils nombreux à se lancer?

Oui, nos salles sont actuellement pleines. Il y a entre 40 et 50 personnes lors de chaque entraînement. Les garçons sont majoritaires. Ce qui a tendance à décourager les filles, se sont les contacts corps à corps au sol, lorsqu'elles combattent avec les garçons.

Qu'est-ce qui les attire autant?

On a tous au moins une fois vu à la télé des combats de catch, connus pour leur côté fictif. Ca plait énormément. Avec le combat libre, on a affaire à du catch, mais réel. Il n'y a plus de trucs, de chorégraphie. Sur le ring, c'est un moment de vérité, où se produisent les combattants les plus forts. C'est vraiment la façon ultime de combattre.

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