Actualisé 08.09.2015 à 15:22

«Le Challat de Tunis»

Sur les traces de Jallel, «balafreur»... pour beurre

La cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania signe, avec «Le Challat de Tunis», un bijou d'humour noir.

de
Catherine Magnin

Tunis, après la révolution. Une réalisatrice décide d'enquêter sur un fait divers remontant à 2003, l'histoire d'un homme qui aurait tailladé au rasoir les fesses des femmes dans la rue. Mais qu'il est difficile de dénouer le vrai du faux!

Les victimes livrent des témoignages douteux. Dans les quartiers populaires, tout le monde se vante de connaître l'identité du Challat (le «balafreur», en arabe), mais personne ne veut la révéler. Seul Jallel assure qu'il s'agit de lui...

Tout à la fois thriller, comédie et faux documentaire, «Le Challat de Tunis» dresse un tableau ironique de la société tunisienne. Il épingle le machisme omniprésent, la mythomanie ou la bigoterie. Il invente des personnages qui frisent le ridicule sans désamorcer complètement le malaise, comme cette vendeuse d'appareils devant permettre aux hommes, dès leur première rencontre avec une femme, de vérifier qu'elle est vierge!

Jouant à fond la carte de l'ambiguïté, «Le Challat de Tunis» laisse au spectateur le soin de décider ce qu'il considère comme vrai ou faux.

«Le Challat de Tunis»

De et avec Kaouther Ben Hania. Avec Jallel Dridi, Mouafida Dridi.

Sortie le 9 septembre 2015

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