Lausanne: Sursis pour des casseurs anti-blocher
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LausanneSursis pour des casseurs anti-blocher

Les quatre jeunes qui avaient protesté avec violence contre la venue de Christoph Blocher à Lausanne sont condamnés à 180 jours-amendes avec sursis.

Le tribunal a souligné jeudi qu'ils étaient des «casseurs» et non pas des manifestants.

Pour qu'une société soit «viable», il faut que les éléments essentiels qui la constituent, comme la liberté d'expression ou de manifester, soient respectés, a indiqué le président du tribunal en rendant son verdict. A ses yeux, les quatres accusés ont voulu «casser» en septembre 2007: ils se sont comportés comme des «émeutiers».

Comptoir Suisse

La cour a condamné en conséquence les quatre jeunes pour émeute, violences contre les fonctionnaires, dommages à la propriété, notamment. Ils ont tous obtenu un sursis de deux ans, sauf l'un de quatre ans. Les 180 jours-amendes vont de 30 à 50 francs.

Passant en revue les agissements de chacun, le juge a clairement insisté sur leur volonté de s'en prendre aux affiches du conseiller fédéral qui était attendu au Comptoir Suisse, au mobilier urbain ou aux forces de l'ordre. Seul l'incendie intentionnel n'a pas été retenu, ou diminué à un niveau de «peu de gravité».

Sur 2000 personnes qui voulaient protester contre le leader de l'UDC, et la campagne d'affichage stigmatisant les «moutons noirs», deux cents avaient décidé de «casser», a poursuivi le juge. Il ne s'agit donc pas d'un procès «politique», mais bien celui d'actes qui tombent sous le coup du code pénal.

Sursis pas révoqué

A la sortie de l'audience, les condamnés ont arboré un large sourire, visiblement très soulagés par la sentence. La cour a même renoncé a révoquer un sursis attribué à un des accusés pour une autre affaire.

Au début du procès, l'UDC et la Société générale d'affichage (SGA) avaient retiré leur plainte portant sur la destruction d'affiches. Le président du tribunal a noté que si des photographies de Christoph Blocher avaient été détruites, la large couverture médiatique de la manifestation et de ses débordements avaient fait une publicité au moins aussi grande à l'UDC.

Pression publique

Avec ce verdict, la cour a suivi le réquisitoire du ministère public. Pour les avocats, le procès en correctionnel était largement exagéré alors que les faits retenus équivalaient en fin de compte à des broutilles. Ils avaient dénoncé un procès «sous la pression de l'opinion publique». (ats)

Guérilla et sévérité

Les partis de gauche et d’extrême gauche avaient appelé à manifester contre la visite lausannoise du conseiller fédéral UDC lors de la journée officielle du Comptoir Suisse, le 18 septembre. La Municipalité avait boycotté le ministre. Plusieurs dizaines de casseurs avaient ensuite brisé du moblier urbain et mis le feu à des containers-poubelles. Par la suite, la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro avait appelé à un durcissement des sanctions.

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