Actualisé 27.05.2019 à 04:41

SuisseSurveiller des criminels va se compliquer avec la 5G

La nouvelle norme de téléphonie est moins perméable aux écoutes de la police. Ce qui inquiète certains professionnels.

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Les policiers vont se heurter à un système plus opaque.

Les policiers vont se heurter à un système plus opaque.

Keystone

L'introduction de la 5G ne donne pas des cheveux blancs qu'aux personnes qui craignent les effets du rayonnement. Cette technologie fait aussi transpirer les services de sécurité, qui risquent de ne plus avoir accès aux données des téléphones mobiles.

La faute d'une part à l'architecture décentralisée de la 5G, qui pourra être hébergée dans le cloud et donc dans des data centers localisés à l'étranger. Autre écueil: les procédures d'authentification seront renforcées et permettront de détecter de fausses stations de base. Ces leurres, connus sous le nom d'IMSI-catchers, sont aujourd'hui un outil essentiel pour les pros de la surveillance pour intercepter des données.

Ces dispositifs ont fait réagir le coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme. Selon le rapport de Gilles de Kerchov, publié début mai, les opérateurs devraient même être obligés d'adapter cette technologie afin de pouvoir maintenir une surveillance minimale sur les criminels.

En Suisse, la Conférence des commandants des polices cantonales étudie aussi l'impact de la nouvelle norme sur les IMSI-catchers, a indiqué hier la «SonntagsZeitung». Des appareils utilisés au minimum à 84 reprises l'an dernier, selon Martin Steiger, avocat spécialisé dans la défense des droits numériques. Celui-ci explique que chaque société de télécoms est tenue de maintenir une interface pour les autorités à des fins de surveillance.

Où se trouvent les antennes 5G?

La Suisse passe gentiment à la 5G.

Pas de changement, selon les opérateurs

Du côté des opérateurs, Salt n'a pas pu répondre au dominical, tandis que Sunrise assure qu'une surveillance sera toujours possible avec la 5G, dans les limites de la loi. Swisscom estime de son côté qu'il est peu probable que des communications aient pu être interceptées sur son réseau, qui a été sécurisé depuis l'introduction de la 2G déjà.

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Des centaines de manifestants ont protesté à Berne contre l’installation de la 5G

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