«Man on Wire»: Suspendu dans le vide, mais accroché à son rêve
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«Man on Wire»Suspendu dans le vide, mais accroché à son rêve

Revivez l'exploit du funambule Philippe Petit, qui en 1974 a réussi la traversée entre les tours du World Trade Center.

par
Anne-Catherine Renaud

Souvent le documentaire – mise en scène du réel – est plus fort que la fiction. Ainsi ce «Man on Wire» («Le funambule»), réalisé par le Britannique James Marsh, qui retrace l'aventure extraordinaire de Philippe Petit, un homme habité par un rêve quasi inaccessible: tendre un câble entre les tours jumelles de New York pour danser dans les airs, à 417 m au-dessus du sol. Dans les années 1970, les immeubles pris pour cible le 11 septembre 2001 étaient les plus hauts du monde.

Non seulement le défi est casse-gueule, mais en plus il est illégal. Pourtant le funambule français, 25 ans à l'époque, bravera tous les dangers. Il embrigadera une équipe digne de «Mission impossible» pour détourner l'attention des policiers, acheminer son matériel sur le toit des tours et réaliser son rêve, avant d'être arrêté par la police... C'était le 7 août 1974. «Ma criminalité est purement artistique, se justifiera ce poète des hauteurs. Si j'avais demandé l'autorisation et si on me l'avait refusée, j'aurais fait cette traversée quand même. Pour moi, c'est une évidence: il n'y a pas besoin de permission quand on a envie de faire des choses belles.»

Monté comme un thriller, oscillant entre scènes rejouées et interviews des participants de l'événement, ce bijou offre des images vertigineuses. On retient son souffle, alors qu'une émotion charnelle s'empare de nous à chaque pas sur le câble d'acier, fragile comme le fil de la vie. Un documentaire d'autant plus émouvant que trente-cinq ans plus tard, les tours jumelles n'existent plus.

«Man on Wire»

De James Marsh, avec Philippe Petit et Paul McGill.

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