Genève: Suspendus, quatre matons contre-attaquent
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GenèveSuspendus, quatre matons contre-attaquent

Le Conseil d'Etat a ouvert une enquête contre des surveillants de la prison de la Favra. Ils sont accusés d'avoir transmis des images de caméras de surveillance à la presse.

par
Raphaël Leroy
La prison accueille 15 détenus pour une dizaine de vigiles

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Des prisonniers assistant à un concert punk, participant à un pique-nique arrosé de bières ou à un dîner en compagnie de la directrice de la Favra et buvant du vin. Ces événements de 2011 et 2012, relatés par «Le Matin» au moyen d'images de vidéosurveillance, avaient fait grand bruit en mars dernier.

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat pense avoir mis la main sur les auteurs de cette fuite. Il s'agirait de quatre surveillants de la prison, mutés depuis. Accusés notamment de violation du secret de fonction, ils étaient présents au moment où les données transmises à la presse ont été extraites du système.

Révocation possible

Fort de ce constat, l'Exécutif a décidé le 9 août d'ouvrir une enquête et de suspendre provisoirement les quatre hommes. Fait étonnant, c'est le Gouvernement in corpore qui se saisit du dossier, faisant ainsi risquer la révocation aux matons.

«Ces éléments de preuve ne valent rien, lance leur avocat, Me Jacques Roulet. Ils ont été établis de manière unilatérale par la directrice, alors qu'elle- même trempe dans l'affaire. Mais vu qu'elle est protégée en haut lieu, on s'en prend à des gardiens.» L'homme de loi s'étonne par ailleurs de la suspension de ses clients «alors que les prisons genevoises manquent cruellement d'effectifs». Il compte donc interpeller le Gouvernement. Contacté, le Département de la sécurité refuse de s'exprimer sur une enquête en cours.

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