Présidentielle française: Suspense à la veille d'un scrutin sous haute tension
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Présidentielle françaiseSuspense à la veille d'un scrutin sous haute tension

Alors que les résultats du premier tour dimanche s'annoncent serrés, la France est en alerte face à la menace terroriste. Samedi des manifestants ont appelé à un 1er tour social.

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Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)

Marine Le Pen a appelé vendredi les électeurs de la gauche radicale à «faire barrage» à son rival centriste Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle en France. (Vendredi 28 avril 2017)

AFP
Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)

Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens... (Mercredi 26 avril 2017)

Keystone
... au moment même où son adversaire à la présidentielle française Emmanuel Macron s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise. (Mercredi 26 avril 2017)

... au moment même où son adversaire à la présidentielle française Emmanuel Macron s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise. (Mercredi 26 avril 2017)

Keystone

La France retenait son souffle samedi, à la veille du premier tour d'une élection présidentielle à l'issue très indécise, organisée sous haute surveillance quelques jours après un nouvel attentat à Paris.

Samedi, quelque 2000 manifestants, selon les organisateurs, étaient rassemblés à Paris à l'appel de quelque 70 syndicats et associations pour un «premier tour social». Ils entendaient aussi avertir «qu'il faudra faire avec la rue» quel que soit le nom du futur président.

La manifestation est partie vers 15H30 de la place de la République en direction de celle de la Bastille. Elle a été émaillée peu après son départ de heurts entre quelques dizaines de militants autonomes pour la plupart cagoulés, qui avaient pris place en tête de cortège, et la police.

Attentat sur les Champs-Elysées

La tension est forte également en raison de la fusillade visant jeudi soir un groupe de policiers sur les Champs-Elysées, en plein coeur de Paris, a bouleversé la fin de la campagne électorale et réveillé la peur du terrorisme, dans un pays traumatisé par une vague d'attentats - avec désormais un total de 239 morts depuis début 2015.

L'assaillant, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans au lourd passé judiciaire, a tué de sang-froid un policier et en a blessé deux autres, ainsi qu'une touriste avant d'être abattu.

Le groupe Etat islamique (EI) a rapidement revendiqué l'attaque, qui, après plusieurs attentats meurtriers en Europe et plusieurs tentatives récemment déjouées en France, risque de peser sur la mobilisation et sur le choix des Français, centré sur deux grandes questions, la sécurité et le chômage.

«Match à quatre»

Un quart des électeurs s'avouait encore indécis avant ce scrutin qui s'annonce comme un «match à quatre» serré entre le centriste Emmanuel Macron, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen, le conservateur François Fillon et le champion de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Les deux candidats qui arriveront en tête des suffrages dimanche soir s'affronteront dans un second tour le 7 mai.

La campagne officielle a pris fin vendredi soir à minuit (22H00 GMT) et, dès ce samedi les électeurs des territoires d'outremer, de Saint-Pierre et Miquelon aux Antilles, commençaient à voter, en raison du décalage horaire.

La droite durcit son discours

Au dernier jour, les représentants de la droite et de l'extrême droite ont durci leur discours sécuritaire, appelant à un renforcement de la lutte anti-terroriste.

«Depuis dix ans, sous les gouvernements de droite et de gauche, tout a été fait pour que nous perdions» la «guerre qui nous est menée», a dénoncé la présidente du Front national (FN), Marine Le Pen qui espère capitaliser sur la peur des attentats.

François Fillon, affaibli par une affaire d'emplois fictifs présumés au bénéfice de sa famille, s'est pour sa part dit déterminé à combattre le terrorisme «d'une main de fer». «Certains n'ont semble-t-il pas encore totalement pris la mesure du mal qui nous agresse», a-t-il lancé, visant le gouvernement socialiste.

L'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui espère tirer parti du désir de renouvellement exprimé par les Français, a en retour reproché à M. Fillon, ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012), d'avoir lui-même conduit à «l'affaiblissement du renseignement territorial» du fait des suppressions de postes.

Sécurité renforcée

Dans ce climat tendu, le président François Hollande a assuré que tout serait fait pour sécuriser le vote: 50.000 policiers et gendarmes et 7.000 militaires seront mobilisés dimanche. La mairie de Paris a promis des renforts aux bureaux de vote qui le demanderont.

«Rien ne doit entraver» ce «rendez-vous démocratique», a souligné le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Signe de l'intérêt que suscite l'élection française à l'étranger, le président américain Donald Trump a mis son grain de sel dans les débats, se disant persuadé que l'attentat aurait un impact important et «aiderait probablement» la candidate d'extrême droite qui lui voue une admiration non dissimulée.

La perspective d'une victoire de Marine Le Pen ou du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon - deux fervents critiques de l'Union européenne qui envisagent de la quitter si son fonctionnement n'est pas modifié - inquiète nombre de responsables politiques en Europe et au delà.

Après l'attentat de jeudi, de nombreux policiers ont dit leur colère en apprenant que l'assassin de leur collègue était un multirécidiviste qui avait plusieurs fois menacé de s'en prendre aux forces de l'ordre.

«Tuer des policiers en représailles »

Condamné à quatre reprises, notamment pour la tentative de meurtre d'un policier, le tueur, Karim Cheurfi, a passé presque 14 ans en prison. Il avait été placé en garde à vue en février après avoir affirmé à un proche vouloir «tuer des policiers en représailles de ce qui se passait en Syrie». Mais avait été relâché, faute de preuves.

Il n'a jamais donné de «signes de radicalisation ou de signes de prosélytisme», a justifié vendredi le procureur de Paris François Molins.

La fusillade a eu lieu quelques jours après l'arrestation à Marseille, dans le sud de la France, de deux hommes suspectés d'avoir projeté de commettre un attentat. Murés dans le silence depuis mardi, leur garde à vue a été exceptionnellement prolongée samedi. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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